Annonce de la reprise du dialogue politique : plus de doute que d'espoir

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Pouvoir, opposition et société civile sont attendus par les populations sur leurs capacités à œuvrer pour la cohésion sociale.


Le dialogue politique inter-ivoirien peut-il enfin reprendre ? En tout cas une date a été convenue entre le gouvernement et l’opposition et la société civile. C’est ce jeudi 20 janvier 2022. Le retard dans le dépôt des termes de référence (TDR) – qui a servi de prétexte au régime Ouattara pour ne pas que cette reprise soit effective le 19 décembre 2021, n’est plus valable comme alibi. Tous les partis, groupements politiques et association de la société civile ayant satisfait à cette exigence. Mais une chose est de déposer les termes de référence et – conséquemment – de fixer une nouvelle date et, une autre est véritablement de vouloir ce dialogue. Aller à un dialogue, cela signifierait d’abord et avant tout, de déblayer le sentier, et par-dessus tout, rendre sereine l’ambiance avant, pendant et après. Ce qui n’est pas le cas au constat de l’actualité. Couac. Le gouvernement ivoirien s’est permis le luxe d’ostraciser une partie des acteurs politiques, non des moindres. Parmi ces non-appelés à la table discussion se trouvent certains acteurs majeurs de la politique nationale ; ceux-là n’ont pas été associés à ce dialogue. Ce sont Charles Blé Goudé et son Cojep, l’ancien président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro et son mouvement GPS sans oublier l’ex-première dame Simone Ehivet et son mouvement Génération Capable. Leur mise à l’écart sabote – en cela - l’esprit qui sous-tend ce dialogue que l’on voudrait vraiment « inclusif » et l’occasion de recoller les morceaux du tissu social déchiré par plusieurs décennies de crises et de tensions sociales.

La reprise du dialogue politique inter-ivoiriens est un gros défi pour le gouvernement ivoirien et le Premier ministre Patrick Jérôme Achi.


Autre acte manqué de la République qui fait jaser le marigot politique local. C’est ce gros pavé que le procureur de la république a jeté dans le jardin de l’opposition ; créant ainsi une atmosphère de doute et de suspicion au sein des acteurs clé de ce dialogue. De fait, le 26 décembre dernier, le procureur de la République Richard Adou donnait les conclusions d’une enquête sur les violences liées à l’élection présidentielle de 2020, non sans troubler la quiétude qui avait commencé à régner autour de ce dialogue politique dès la rencontre de prise de contact tenue le jeudi 16 décembre 2021 à la Primature autour du Premier ministre Jérôme Patrick Achi. Son rapport, notons-le, dresse une liste de responsables politiques notamment de l’opposition et potentiellement « auteurs moraux » de cette crise électorale pour ne pas dire l’appel à la désobéissance civile contre ce qu'ils qualifient de troisième mandat anticonstitutionnel d’Alassane Ouattara, et le boycott actif du scrutin présidentiel. Il s’agit principalement de Pascal Affi N’Guessan du Fpi, Simone Gbagbo, Albert Mabri Toikeusse de l’Udpci ou encore Henri Konan Bédié du Pdci-Rda. Cette sortie d’Adou Richard Christophe est qualifiée de « coïncidence troublante », par l’opposition laquelle craint une volonté d’affaiblir ses cadres, désormais menacés de poursuites judiciaires que le procureur de la République n’exclut pas. Avouons que le timing a jeté le doute sur la sincérité du pouvoir Ouattara à vouloir aller au dialogue dans un climat apaisé. En réponse du berger à la bergère, le Pdci-Rda d’Henri Konan Bédié, et le PPA-CI de Laurent Gbagbo « s’interrogent » « sur la sincérité du dialogue politique initié par le gouvernement ». Comme pour renforcer ce doute, le parti présidentiel, le Rhdp , à son tour, regrette que ces deux plus grands et redoutables adversaires veuillent « se servir de ce dialogue pour s’assurer une immunité juridictionnelle et une impunité, sans toutefois reconnaître leurs forfaits ».


Du coup, de l’arrêt à l’annonce à la reprise du dialogue politique, l’opinion publique nationale et internationale se demande où se trouve la sincérité et qui devrait faire preuve de bonne volonté. Autant le dire tout net, pouvoir et opposition se jettent la pierre. Si pour l’opposition Ppa-ci, « c’est au gouvernement de nous rassurer », l’on n’entend pas les choses de cette oreille au sein du régime Ouattara où l’on continue plutôt de croire qu’être opposant ne veut pas dire être exempt de poursuite judiciaire. Sortie à laquelle le Pdci-Rda réagit vivement dans Jeune Afrique, en faisant cette mise en garde : « Nous n’irons pas en plaidoirie, car nous ne sommes coupables de rien ». Enième point d’achoppement avant même d’entrer dans le vif des débats, c’est la question du découpage électoral sur lequel le régime Ouattara ne voudra faire aucune concession. Or il semble que c’est le vrai nœud du dialogue autour duquel l’opposition non plus ne voudra transiger. Pour autant, il se trouve que cette question du découpage électorale - au-delà même de celle sous-jacente de la transparence de la Commission électorale indépendante (Cei) qui reste tout un chantier … judiciaire - est devenue la principielle de tous les termes de référence sur les calepins des partis politiques.

Haity

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