Affaire "si Gbagbo est candidat, Ouattara sera candidat" : les dangers du saut de la limite d'âge

Dan_Opeli

Mamadou Touré a relancé le débat samedi 17 juillet à Bouaké. "J'ai entendu Michel Gbagbo dire que son père est en train de préparer une relève au FPI. Mais si les circonstances l'exigent, son père sera candidat en 2025... En 2025, le Président Ouattara est éligible. Si eux ( Gbagbo et Bédié, Ndrl) sont candidats, moi-même je vais demander, - et je serai soutenu par d'autres jeunes -, au Président Ouattara d'être candidat. Et il gagnera !", a soutenu le ministre de la Promotion de la Jeunesse, de l'insertion professionnelle et du Service civique. Le débat ainsi posé est loin d'être démocratique. Il est personnalisé. Pour le malheur des Ivoiriens.

En 2025, Laurent Gbagbo aura 80 ans, Alassane Ouattara 83 ans et Henri Konan Bédié 91 ans. Ils auront, tous les trois, le droit de se présenter à la présidence de la République, la constitution de 2016 ayant sauté la limite d'âge. L'opposition ivoirienne incarnée en ce temps là par le FPI s'était opposé à ce changement. Mais le "oui" a été déclaré vainqueur malgré un désert électoral constaté suite à l'appel au boycott du référendum.

Le débat ne doit donc pas être du genre "si un tel est candidat, un tel autre le sera". Le vrai débat c'est pourquoi, en 2016, la limite d'âge a été sautée? Si ça n'a pas été le cas, la Côte d'Ivoire aurait déjà à sa tête un chef d'Etat d'une nouvelle génération. Il n'y aurait pas eu de 3ème mandat et 85 Ivoiriens ne seraient pas morts brutalement. Il ne serait plus question de candidatures de Laurent Gbagbo, d'Alassane Ouattara et d'Henri Konan Bédié. Le pays se serait passé d'une autre crise électorale qui s'annonce. 

Aujourd'hui, en plus de la vision exprimée par Mamadou Touré, une autre vision circule: celle de ramener la limite d'âge à 75 ans. Et ce dans le but de mettre hors compétion Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo. Ce serait une décision dirigée contre des personnes. Et ce serait malsain. 

Lorsque qu'on tient compte de tous ces faits, on se rend compte que la Côte d'Ivoire a un problème avec sa classe politique. Les Ivoiriens sont pris en otage. Les décisions qui les engagent tous sont prises selon des calculs politiciens. Cela peut-il prendre fin un jour? Ce serait entrer dans la démocratie vraie qui fait le bonheur des pays occidentaux et du Ghana voisin.

Dan Opéli

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