Tueries de Duékoué carrefour : Amadé Ouérémi explique comment il est rentré en guerre

SylvainGuédéDebailly

Son axe de défense : "Ce n'est pas moi, c'est Loss"



Le procès de l'ancien maître du Mont Péko, Amadé Ouérémi s'est ouvert mercredi 24 mars 2021 au tribunal d'Abidjan Plateau. A l'ouverture, l'ordonnance de renvoi a été lue et l'audition du principal mis en cause a aussitôt débuté.

Ce jeudi 25 mars, au deuxième jour du procès, Amadé a été confronté à ses victimes. Au total ils sont onze témoins qui vont défiler à la barre.

Dans sa stratégie le juge Bini veut savoir si Amadé est vraiment l'auteur des faits qu'on lui reproche. A ce niveau, c'est sans équivoque que les 6 témoins qui ont été entendus au moment où nous mettions ce papier en ligne, ont tous reconnu l'ancien mécanicien de vélo comme le principal auteur des abominables crimes. Chacun a décrit les circonstances dans lesquelles il a connu ce chef de milice. Certains pendant l'attaque de Duekoué Carrefour le 28 mars 2011, d'autres avant la survenue des événements malheureux. Il a été suffisamment accablé mais l'homme est resté figé sur sa ligne de défense. "Ce n'est pas moi, je ne sais pas pourquoi on m'accuse. Moi-même j'étais un élément ", tente-t-il de se disculper. Quand le juge l'assaille de questions sur la chaîne des responsabilités dans l'attaque, Amadé se met à table et accuse le commandant de zone de Man à l'époque des faits, Losséni Fofana. Amadé va plus loin et explique les raisons de son entrée en guerre. "Nous avons reçu des messages de Loss depuis Man. Il nous a dit que les jeunes miliciens (guéré et libériens) veulent réduire Duékoué en cendres. Il faut donc défendre les populations parce que, eux, ils tuent les dioula et tout le monde. Il a donc envoyé ses hommes pour protéger les populations", fait-il savoir. "Quel ordre Loss vous a-t-il donné ? ", interroge le juge.

"Il a dit de défendre les populations ", répond Amadé. Et le juge d'enchaîner : "Les vieillards de 80 ans et les bébés étaient-ils aussi une menace ?". Cette question du juge confond l'accusé qui reste tout de même serein sur sa ligne de défense avec souvent à sa rescousse, son avocate.

Le procès s'est poursuivi au-delà de 18 heures avec des témoins souvent mal préparés sur les questions de constitution de partie civile à la fin de leur déposition. Très souvent embêtés de dire un montant, l'un d'eux a même déclaré qu'il laissait pour lui à Dieu. Les autres demandaient 300 mille, 2 millions. Les plus lucides ont réclamé jusqu'à 10 millions de Fcfa à titre de dommages et intérêts.

SylvainGuédéDebailly contact@operanewshub.com