L’inflation en Côte d’Ivoire du point de vue des produits alimentaires

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L’Inflation en côte d’Ivoire du point de vue des produits de consommation alimentaire ; indicateur pertinent du primat du concept « 99,99% de formatés » dans l’approche des questions de développement. 

Comment s’expliquer qu’un pays si généreusement doté de terres fertiles notamment au sud, et d’une pluviométrie doublée d’un relatif équilibre des saisons, peut se retrouver à dépendre de l’extérieur pour nombre de produits alimentaires de base tel le riz, ou encore en pire, la cherté due à la quasi pénurie de produits locaux d’alimentation ?

  Et pourtant l’autosuffisance alimentaire est à la portée d’une politique novatrice de la lutte contre le chômage de la jeunesse diplômés, déscolarisée et non scolarisée. En qualité de concepteur de projets de développement,  Nous avons à cet effet, fini par comprendre les fondements de ce paradoxe qui s’articule en trois points d’ordre historique, sociologique et idéologique.

Au plan historique, on devra noter que la colonisation française a laissé dans la conception de bon nombre d’ivoiriens, le stéréotype que les professions relatives au secteur tertiaire sont les plus valorisantes. On a souvenance de ce qu’on nommait le « commis », cette espèce de collaborateur zélé du colon dont tout l’objectif était d’acquérir les mêmes attributs que le patron.  

Ainsi cette nouvelle classe qui faisait la fierté des populations dans les campagnes, finit par faire opter la quasi-totalité des jeunes diplômés pour les bureaux. C’est une quasi lapalissade que de constater que ceux qu’on nommait les « sujets « dits anglais, faisaient montre d’avantage de sens de l’industrie donc de la créativité que les « indigènes » français.

Si avec le temps, et les incitations à la formation technique, les secteurs de la mécanique, de l’électronique et autres ont fini par avoir de l’intérêt pour la population ivoirienne en quête de postes énumérés ; il n’en a quasiment pas été de même pour le secteur de l’agriculture.

On note en effet qu’après avoir formé des ingénieurs agricoles davantage portés à la fonction administrative donc au bureau ; la seule école supérieure ENSA (Ecole Nationale  Supérieure d’Agriculture) a fermé, pendant que l’autre, l’Institut Agricole de Bouaké (IAB)destiné à donner des ingénieurs de Technique Agricole tourne au ralenti, pour ne pas dire à vide, au fait de difficile insertion des diplômés.  Et pour ce qui est des centres de formation agricole pour les techniciens de terrain, les quelques rares établissements qui n’excèdent pas plus de cinq, secteurs publics et privés confondus, les parents ne se bousculent pas à y inscrire leurs enfants, tant à la sortie, aucune possibilité d’insertion n’existe, à part s’installer à son compte. Encore faut-il avoir les moyens !

Dans ce tableau sombre, on nous en voudrait de ne pas faire noter les multiples et nobles  initiatives des gouvernements  successifs de la Côte d’Ivoire des indépendances à nos jours qui nous donnent d’engager le volet sociologique de la question

.Du programme de retour à la terre des jeunes de Yabra à l’initiative de fonds jeunes qui davantage servit à nombre d’entre les bénéficiaires de tenter l’immigration en Europe ; il y a une constante qui est l’échec des programmes pourtant assortis d’objectifs ambitieux.

En Côte d’Ivoire, il eut une période qui donna lieu à la manie dite des « Etats Généraux », et je ne me souviens guère que le ministère de  l’agriculture y sacrifia. Mais tout ce qu’on peut dire, c’est que nombre d’acteurs de la société civile tels que nous, n’avions pas été écouté en notre approche pour une agriculture professionnalisée.

En fait, la question du décollage agricole coince en ce que, d’une part le choix a été fait  pour l’option des cultures de rente pour satisfaire à l’économie de marché. Et d’ailleurs, le langage  trahit le terme « d’agriculture vivrière » qui sonne agriculture de substance,  dans le sens d’un ordre inférieur quasiment  relégué au registre de la cueillette.

D’ailleurs, dans le même ordre d’idée, parler de « retour à la terre » revient à signifier que l’agriculture et spécifiquement l’agriculture dite vivrière est du registre des activités qu’on peut mener quand on n’est plus bon à rien ! Et dire que ce programme a été ainsi intitulé au plus haut niveau de décision de ce pays. 

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