Côte d'Ivoire : à quand la fin de la belligérance ?

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C’est un truisme de le dire, les ivoiriens, toutes obédiences politiques et confessions religieuses confondues, aspirent à une véritable réconciliation qui permettra au pays de se mettre résolument sur le chemin tortueux du développement.

Du citoyen lambda aux plus hautes autorités de ce pays, en passant par les responsables des partis politiques, tout le monde s’accorde sur l’absolue nécessité d’un climat politique apaisé, et d’une élégance dans la gestion des contradictions.

Cependant, les actes que posent les tenants du pouvoir, et les paroles qu’ils prononcent, laissent subsister des doutes quant à leur réelle volonté d’aller à l’apaisement.

Depuis le retour du président Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire, et sa rencontre avec le chef de l’Etat, un air d’apaisement a semblé souffler sur le pays. Des gestes de bonne volonté avaient été posés avec la libération d’un certain nombre de prisonniers politiques. Naïvement, les ivoiriens avaient cru que cela continuerait avec l’élargissement des militaires incarcérés depuis 2011 à l’effet de donner un coup d’accélérateur à leur quête de réconciliation.

Le dernier développement de l’actualité vient de ramener tout le monde sur terre, et montre de toute évidence, que le pouvoir Rhdp, dans sa sempiternelle posture de tribu assiégée, n’a lâché du lest que le temps de s’assurer d’une certaine reconnaissance de son pouvoir. 

En donnant du « monsieur le président » et « cher frère » à l’actuel chef de l’Etat lors de leur rencontre, le président Laurent Gbagbo reconnaissait de facto le troisième mandat illégal. Dès lors, les positions peuvent de nouveau se crisper et le pouvoir Rhdp peut à nouveau adopter sa posture de belligérance.

Ainsi, dès que le président Laurent Gbagbo se prononce sur un sujet touchant à la vie de la nation, le porte-parole du gouvernement se fend d’un communiqué, où discourtoisie, inélégance, arrogance et suffisance cheminent allègrement. Le dernier en date est relatif à la demande formulée par l’ex-président à l’effet de libérer les militaires qui depuis 2011 croupissent dans les geôles du pays.

Pour l’ex-président, il est totalement illogique que lui, le chef suprême des armées au moment de la crise postélectorale, puisse circuler librement après un procès à la Cpi duquel il a été acquitté, blanchi et lavé de la souillure qu’on a voulu lui accoler, pendant que les militaires qui répondaient de lui, puissent élire encore domicile dans les « sous-sols » du pays.

Le porte-parole du gouvernement tel, a dans ses envolées, demandé au président Gbagbo de faciliter le travail de la justice en avouant sa part de responsabilité dans les actes commis par les militaires qui étaient sous son autorité. 

On tombe des nues devant une telle demande ! Qu’aurait-il voulu que les Fds fissent, eux qui étaient chargés de défendre les institutions de la république, attaquées par des rebelles venus d’un pays voisin et qui avaient mis le nord du pays en coupe-réglée ?

Qu’en est-il des soldats rebelles, aujourd’hui officiers de l’armée ivoirienne dont certains des crimes, à la limite du génocide, ont été abondamment documentés par de Ong qu’on ne peut qualifier d’amies de Gbagbo ?

Quand répondront-ils devant la justice ivoirienne ? 

De Jah Gao à Koffi Fofié en passant par Koné Zakaria, Chérif Ousmane et autres Hervé Touré Vétcho, officiers supérieurs de l’armée ivoirienne, épinglés par des Ong, tous promus dans leurs corps respectifs, n’ont jamais été inquiétés. 

Est-ce à dire, que la vie de leurs victimes, compte moins que celles des Fds?

Tout porte à croire, que les Fds, dans une folie meurtrière, sans être attaquées, s’en sont pris à des victimes innocentes et pour cela, elles doivent subir la rigueur de la loi. Cette conception est une insulte à l’intelligence des ivoiriens. On pouvait la comprendre si elle venait des amateurs des « grins », mais venant du gouvernement, il y a vraiment de quoi désespérer de notre pays.

Disposant de toute la violence de la république, assuré du caractère timoré de son opposition désunie, dont certains leaders sont beaucoup plus préoccupés à faire des calculs d’épicier pour nouer des alliances rentables, le pouvoir Rhdp peut sereinement afficher discourtoisie, arrogance, suffisance et mépris à l’endroit de ladite opposition et refuser de libérer les militaires. 

Mais à force de tirer sur la corde, elle finira un jour par se casser. Demain nous situera certainement.

Demain est certes un autre jour, mais demain arrive toujours et l’ivraie, sera séparée du vrai.

Nazaire KADIA

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