Conflit de chefferie à Mbatto-Bouaké : la génération au pouvoir appelle l'Etat au secours et accuse

Franck_K

Le conflit de chefferie à Mbatto-Bouaké, village de la sous-préfecture de Bingerville, a connu un dernier rebondissement ce mardi 31 août 2021. Des membres de la génération Gnondôh, au pouvoir à Mbatto-Bouaké, sont montés au créneau et ont interpellé les autorités relativement aux tensions liées à la chefferie qui ont entraîné une mort d’homme. 

 Le samedi 21 août dernier, les problèmes de chefferie dans village de la sous-préfecture de Bingerville ont pris une tournure tragique. Jean-Marie Ahiman N’douffou, fils du chef intérimaire Gbéi N’douffou, chef suprême de la génération Gnondôh, selon le constat du médecin, a succombé à des coups et blessures. Au demeurant, les membres de la génération ont exprimé leur « mécontentement face au mutisme de l’Etat ». Ce d’autant plus que l’affaire semble s’enliser dans un pourrissement au grand dam des populations de la localité.

 « Nous ne voulons plus d’Anoman Badiglon comme chef du village, car s’il est réinstallé il n’y aura jamais la paix dans ce village. Les autorités compétentes doivent opter pour une solution définitive en validant le choix du nouveau chef opéré par la génération au pouvoir. C’est la seule manière de ramener la quiétude au village et de garantir son développement à travers une gestion saine et participative de la question foncière », a affirmé Kouadio Agobey Jérôme, premier notable de la chefferie intérimaire de M’Batto-Bouaké. 

Selon lui, le chef Anoman Badiglon Edouard ne peut être légitime a continuer d’assurer les fonctions de chef du village. Pis, le premier notable de la chefferie intérimaire de M’Batto-Bouaké a dénoncé les agissements du préfet d’Abidjan qui lui aurait délivré « en catimini » un arrêté le désignant à nouveau à la tête du village. « Ce qui a provoqué un regain de tension qui s’est soldé par une perte en vies humaines », a-t-il ajouté se référant à l’assassinat perpétré par les partisans du chef Badiglon. « Trois d’entre eux ont été arrêtés et déferrés à la Maca. Les enquêtes se poursuivent », a-t-il fait savoir.

Par ailleurs, il est urgent, a insisté Kouadio Agobey Jérôme, que les autorités se penchent sérieusement et sans parti pris sur le drame qui se déroule à Mbatto-Bouaké. Aussi les membres de la génération qui ne décolèrent-ils pas et dénoncent l’intrusion du politique dans l’affaire. Ils expliquent difficilement la tournure que prennent les choses.

 

« L’affaire de Mbatto-Bouaké est devenue une question politique. La politique y a fait son intrusion. Nous n’arrivons pas à comprendre que le chef Anoman Badiglon, suspendu sur un rapport du sous-préfet faisant état de vente illicite de terres et abus de sociaux et qui s’est montré incapable de présenter un bilan de sa gestion aux populations, ait les faveurs de l’administration sans que rien n’ait changé. Elle refuse de prendre en compte toutes les preuves qui ont été présentées », s’indignent les membres de la génération. « Il y a des mains noires qui tirent les ficelles dans l’ombre », déplorent-ils, énumérant les faits reprochés à Anoman Badiglon qui a multiplié, tout le temps de l’intérim, des actes de défiance à l’administration et de violence ayant entraîné des dommages corporels et des dégâts matériels importants. Les violences enregistrées le samedi 21 août et ayant causé mort d’homme n’étaient pas un cas isolé, interpellent les membres de la génération qui prennent la gendarmerie à témoin, pour être souvent intervenu pour rétablir l’ordre dans le village. Ils s’indignent des agissements du préfet d’Abidjan qui refuse de les recevoir et qui est soupçonné d’avoir balayé du revers de la main leurs propositions sans prendre le soin de les informer de sa décision.

Contacté pour donner sa version des faits, le principale mis en cause garde sa sérénité et campe sur ses positions. « Il faut les laisser. On les attendait pour une réunion pour examiner la question de la chefferie avec les autorités en vain. Je ne répondrai pas à leurs allégations. Qu’ils continue de s répandre où ils veulent», a déclaré le chef Anoman Badiglon Edouard. 

Comme on le constate, un bras de fer est véritablement engagé et n’est pas en voie de s’arrêter si l’on s’en tient aux propos des uns et des autres. Le pouvoir doit par conséquent s’impliquer d’avantage et répondre au cri de cœur des populations afin de résoudre définitivement et dans les bonnes mœurs ce conflit de chefferie qui n’a que trop duré au point de faire des victimes.

 

Franck  K

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