Sous la protection de la Côte d’Ivoire, comment Blaise Compaoré évite d’être encombrant pour Ouattara

RaoulMobio

En dehors de quelques images spontanées et à la limite de rares communiqués relatifs à la situation d’insécurité tragique qui sévit dans son pays, l’on n’entend parler que très peu de l’ancien président Burkinabè, Blaise Compaoré. Réfugié en Côte d’Ivoire depuis sa chute du pouvoir en Octobre 2014, le successeur de Thomas Sankara se fait délibérément discret dans son exil sur les bords de la Lagune Ebrié.

 

L’homme limite volontairement les apparitions publiques. Pourtant, chez son voisin du Golfe de Guinée, il est en territoire conquis. Au cœur des relations Ivoiro-Burkinabè depuis près de quatre décennies, l’ex commandant du camp de Pô, a côtoyé tous les régimes qui se sont succédé en Côte d’Ivoire de Félix Houphouët-Boigny à Alassane Ouattara. Les acteurs politiques Ivoiriens, du moins les principaux, il les connaît de façon étroite. C’est d’ailleurs sous son égide et chez lui à Ouagadougou, que se sont tenus les négociations qui ont abouti en Mars 2007 à la signature des accords politiques de Ouagadougou, au terme du dialogue direct entre l’ex patron de la rébellion, Guillaume Soro et le chef d’état d’alors, Laurent Gbagbo, dont il fut l’initiateur.

 

Pour autant, l’expérience politique dont il jouit, adossée certainement aux conditions de son exil qui ont dû lui être soulignées comme c’est le cas avec la plupart des présidents déchus, l’incitent à camper dans une posture de discrétion absolue. Blaise est effacé.

 

Certes, dans sa résidence Abidjanaise, il continue d’organiser son agenda autour des audiences qu’il accorde à certains de ses compatriotes vivant sur place dans la capitale économique Ivoirienne, ou venant du Burkina le solliciter à l’instar des membres de la direction de son parti, le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP). Mais tout ceci, sans produire de déclaration hostile à l’encontre du régime de son ancien premier ministre, actuellement au pouvoir, qui puisse mettre en péril les relations entre Ouagadougou et Abidjan, et ainsi embarrasser Alassane Ouattara qui ne tient visiblement pas à le livrer à la justice Burkinabè.

 

Dernier signalement en date, ce communiqué datant de ce Vendredi 27 Août, dans lequel le bâtisseur du Palais de Kosyam, se disant heurté par les actes de terrorisme qui endeuillent son pays, en appelait à la solidarité et au pardon entre les composantes sociopolitiques de la Nation Burkinabè, pour venir à bout de l’ogre islamiste.

Raoul Mobio

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