Centre Patrick et Betty de Maeseneire/un orphelinat peu connu avec de grands besoins

SRANKPA

Jdi1006211700



Photo de famille avec quelques enfants et 2 de leurs encadreurs

Le centre d'accueil Patrick et Betty de Maeseneire (prononcez Mézénère) pour enfants orphelins et défavorisés est situé à San pedro au quartier Nitoro. Ce Mercredi 09 Juin j'ai décidé de le visiter afin de rendre compte des difficultés vécues en ce lieu, qui comme son nom l'indique est à la fois un centre d'accueil pour enfants défavorisés et un orphelinat. Une fois dans le quartier, je me retrouve facilement devant un grand bâtiment à la peinture défraîchie qui contraste avec un environnement que l'on voudrait convivial pour des gosses. Je franchis le portail et une dame que tous appellent maman Kouassi me reçoit à l'entrée d'une pièce qui semble être la salle de télévision. Quelques pensionnaires des deux sexes y regardent un film. Je décline mon identité et l'objet de ma visite. Elle donne un coup de fil à son collègue sorti peu avant mon arrivée afin qu'il vienne m'entretenir car mieux outillé. Pendant que j'attends, je l'observe attentivement. Elle range dans un grand carton les livres et cahiers qui ont servi aux pensionnaires cette année dans leur classe respective. Cela servira à d'autres à la rentrée prochaine. Elle semble épuisée et pensive, le regard vague. Je comprends que ce n'est pas facile de gérer au quotidien les 13 garçons et 21 filles de ce centre qui sont comme les autres enfants de leur âge. Celui que j'attendais arrive, c'est M. Yao Komenan Souleymane, responsable programme du centre il me demande de le suivre à l'étage.

Installés à l'entrée de son bureau, nous entamons la discussion dont il ressort que ce centre est à l'origine issu d'un programme d'assistance aux enfants à risque dans la cacaoculture. Ce programme a été initié en 2009 par l'ONG Amour et Vie de Mme Kouamé N'guessan Solange, qui était par la même occasion DG de l'Union des coopératives agricoles de San pedro. L'objectif était de permettre aux enfants victimes des violences, de mauvais traitements, de familles recomposées et décomposées d'aller à l'école. Les enfants pris en charge dans ce programme étaient ceux des membres de la coopérative qui sont décédés et dont les veuves avaient du mal à joindre désormais les deux bouts. Avec le temps, d'autres enfants en situation difficile et issus de la région ont grossi le nombre des assistés poussant ainsi l'ONG a ouvrir le centre en 2013. À ce jour en plus des 34 pensionnaires qui sont au centre cette année, il faut aussi compter une vingtaine d'enfants en dehors qui sont entièrement à la charge du centre. L'âge varie entre 3 et 17 ans et ils sont inscrits de la maternelle à la classe de terminale. Trois femmes et notre interlocuteur ainsi qu'un gardien gèrent au quotidien le centre qui loue aussi des compétences extérieures pour l'encadrement scolaire. Il y a aussi un suivi spirituel avec une cellule de prière. Le centre travaille aussi en collaboration avec le centre social et la direction de la protection du ministère de la femme, de la famille et de l''enfant. Mais faire preuve d'amour et de générosité envers des enfants autres que les vôtres est tout aussi coûteux.

"Nous avons besoin de tout, des produits pour l'hygiène à la nourriture en passant par les fournitures scolaires, les vêtements et même de l'argent", nous avoue M. Yao. Le centre selon ce dernier fonctionne grâce à son parrain, un couple Belge Patrick et Betty de Maeseneire, quelques personnes de bonne volonté, des communautés et quelques institutions. Quand aux autorités de la villes et aux hommes politiques, leurs dons sont occasionnels, "c'est surtout beaucoup de promesses mais peu de concret" déplore le responsable programme. San pedro, c'est aussi de très grosses entreprises qui brassent des milliards. Mais à entendre notre hôte, peu d'entre elles s'intéressent au centre. Mais il admet que le port de San Pedro et la communauté portuaire sont déjà intervenus avec des dons. "La période la plus redoutée au centre, c'est la rentrée des classes, car il faut payer les fournitures avec beaucoup de cahiers d'habileté pour chaque enfant et c'est difficile. Mais le Collège Claire Ange nous aide énormément au niveau de la scolarité en nous faisant des facilités quand nous ne pouvons pas payer", reconnait-il. De ma position l'odeur des toilettes me gêne énormément. J'en déduis que même le javel fait souvent défaut. Mais l'entretien est terminé et je prends congé de mon hôte. Je demande à faire des photos avec les enfants qui manifestent une grande joie. En traversant la cour pour la sortie, je vois le linge séché sur l'aire de jeu, il y en a encore de trempé dans les bassine. Il faut du savon, je me dis avec un petit pincement au cœur.

SRANKPAWA BOUAKE Jdi1006211700

Photo: SB

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