Vol avec violence / Le prévenu : "Je ne savais pas que cela allait m’envoyer devant le juge"

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Il n'a pas hésité à aller commettre son forfait en face du Palais de justice


Au tribunal de Yopougon le lundi 20 novembre, Mme la procureure était peinée : « Tu as un joli nom mais tu ne ressembles pas à ce nom ». L’homme à la barre n’est autre que Ouattara Yonan-Christ. Né en 1989, il est chauffeur de taxi et célibataire sans enfant.  Très tôt, il se distingue lorsqu’il doit confirmer les noms de son père et de sa mère. Le nom de sa génitrice n’est noté que comme « Aimée ».

-          Quel est tout le nom de votre mère ?, demande le juge

-          Je ne maîtrise pas ça !

On n’ira pas plus loin. Le prévenu est poursuivi pour soustraction frauduleuse avec violence de deux téléphones et de numéraires. Comme au parquet, il reste inflexible : « je ne reconnais pas les faits ». La procureure montre la photo d’un visage avec le crâne largement ouvert au-dessus des sourcilles.

-          Pour une question de monnaie, on ouvre le crâne de quelqu’un ! Vous lui avez ouvert le crâne. Il a perdu ses téléphones et son argent. Pourquoi tant de violence ?

Cissé Baba, la victime, a déposé sous la forme écrite, son témoignage. Le juge lit : « Je suis vendeur ambulant de café. Ce jour-là, je me trouvais au rond-point du Palais de justice de Yopougon. Ce jeune homme est venu acheter de la cigarette mais je n’avais pas de monnaie et alors que nous échangions, ses deux complices sont sortis de nulle part pour m’agresser. Celui-ci a saisi un gros morceau de bois pour me l’asséner sur la tête. Ils se sont alors emparés de mon sac en bandoulière et ont pris mes deux téléphones et tout mon argent ».

Un officier de police fortuitement présent au moment des faits, a suivi toute la scène. Le juge lit également son témoignage. « J’ai constaté que Christ avait saisi monsieur Baba par les collets. Ils se battaient et Baba avait les vêtements en lambeaux, avec une large entaille au front ».

La procureure reprend la parole :

-          Deux téléphones et des numéraires. Cette question de monnaie est-elle juste un prétexte pour  agresser la victime ? Ce qui est évident, c’est qu’il y a eu violence et soustraction frauduleuse de deux téléphones.

Elle demande 5 ans de prison ferme, 100.000 FCFA d’amende et 10 dix ans de privation des droits. Entendant cette réquisition, Christ devient blême, tremblote et s’écrie : « Je demande pardon, je ne savais pas que le parquet allait être saisi ».

Le tribunal le reconnaît coupable des faits qui lui sont reprochés et le condamne à 24 mois de prison ferme, 100.000 FCFA d’amende et 3 ans d’interdiction de paraître sur le territoire national.

Paul D. Tayoro

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