Show-biz / une journée au studio 7 à la Riviéra-Palmeraie : le coronavirus a chassé les artistes

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La psychose créée par la maladie à coronavirus, a réduit drastiquement le taux de fréquentation par les artistes du studio d’enregistrement du célèbre arrangeur Olivier Blé, situé à la Riviera Palmeraie. Ambiance et décor.

Il est 12 heures ce samedi 21 mars, quand nous arrivons à la Riviéra-Palmeraie (carrefour Parc des Princes), au bas de l’immeuble qui abrite le studio 7, du célèbre arrangeur Olivier Blé. Notre visite inopinée a pour but de prendre la température des lieux, en ces temps de coronavirus. A peine avons-nous sonné à la porte du studio qu’on nous demande gentiment de nous laver les mains avec de l’eau et du savon. Et de les frotter ensuite avec le gel déposé à l’entrée. Coronavirus oblige, surtout que nous sommes chez un arrangeur, de surcroît pharmacien de métier.

Après avoir sacrifié au rituel sanitaire, nous voici à l’intérieur de ce grand studio d’environ 80m², complètement désert. «Ce n’est plus la grosse ambiance habituelle, avec les artistes, leurs staffs, leurs amis et leurs accompagnateurs. On travaille désormais avec le strict minimum de personnes», nous lance d’entrée Michel Groguhet, l’ingénieur de son, assis devant son pupitre dans la cabine technique. «Depuis la mi-février notre taux de fréquentation a baissé de près de 70%. C’est le cas dans la plupart des studios de la place. Les artistes ne viennent plus enregistrer à cause du coronavirus. Au niveau de notre studio, nous avons également reporté à des dates ultérieures toutes les séances d’enregistrement qui étaient programmées. Pour respecter les consignes des autorités et éviter les concentrations de personnes», enchaîne-t-il.

D’ailleurs ce samedi, il n’y a que trois personnes au studio 7. L’ingénieur de son Michel Groguhet, le preneur de son Yoro Tiagbeu, et l’arrangeur et boss des lieux, Dr Olivier Blé. La team travaille sur deux nouvelles chansons de Molière qui a déjà posé sa voix. «Ce sont des titres déjà enregistrés avant la pandémie du coronavirus. On revoit surtout les couleurs des instruments, par rapport aux chansons et au style musical de Molière», précise l’arrangeur en chef Olivier Blé.

Cette séance dure de 13h à 17h. Il n’y a pas de pause véritable. A tour de rôle, chacun fait un aller-retour hors du studio, pour manger un sandwich. Au retour, ils se lavent tous les mains et les frottent avec du gel. Puis, ils portent ensuite leurs gants et leurs masques. En respectant la distance d’un mètre entre eux.

Depuis la matinée, il y a eu très peu de visiteurs dans le studio, encore moins d’artistes. La bande à Olivier Blé a plutôt beaucoup échangé avec des artistes par téléphone, par rapport à leurs albums ou autres choses.

A partir de 17heures, le preneur de son Yoro Tiabgeu cale des nouvelles chansons déjà enregistrées de Luckson Padaud et du groupe zouglou les Leaders, pour une séance d’autocritique de la team studio. «Cette écoute permet de juger le mixage qu’on a fait et d’apprécier la conformité du mastering, par rapport aux différents titres», explique Michel Groguhet. La séance d’autocritique prend fin autour de minuit. Avec un dernier message de Michel Groguhet, en guise d’au revoir. «Le studio d’enregistrement est le canal, le lieu de la réalisation de la pensée concrète de l’artiste. S’il ne peut pas le fréquenter, c’est un vrai problème pour lui et pour nous. Car, il faut bien que le studio vive et fonctionne, pour faire face à ses charges. Donc, notre souhait le plus ardent est qu’on vienne vite à bout du coronavirus. Pour la santé de tous et la relance des activités musicales. Sinon, tous les studios et les artistes vont connaitre de gros problèmes», dit-il.

Eric chasseur


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