Retour de Gbagbo : Comment Ouattara joue son avenir politique face à un adversaire plus populaire

RaoulMobio

C’est à peine si l'on peut douter de la pertinence du sondage de Mediametrie révélant la large avance que tient l'ancien président Ivoirien Laurent Gbagbo, sur son successeur Alassane Ouattara, à quelques jours de son retour à Abidjan.

Selon un article de la radio officielle Française, RFI, reprenant ce Vendredi 04 Juin, une information du site Mondafrique, la popularité de Laurent Gbagbo est « deux fois supérieure à celle d’Alassane Ouattara »’’, d’après les conclusions du sondage de l’institut Mediametrie.


En effet, pour qui observe l’évolution de la réalité politique Ivoirienne avec objectivité, l'actuel chef d’état se retrouve en position de faiblesse dans l’opinion publique vis-à-vis de son prédécesseur face à qui il réclamait pourtant la majorité en 2010. Plus de 10 ans après le second tour de la présidentielle telle de 2010, les temps ont changés.

Le trimballement de Laurent Gbagbo devant les juridictions nationales et internationales ont fait de lui un héros dans l’opinion publique, et qu’il le veuille ou non, Alassane Ouattara ne saurait occulter le fait que la présence de son adversaire sur l’échiquier politique suscitera un réveil inévitable chez ses partisans.

En alliance avec Henri Konan Bédié du PDCI-RDA, l’ancien pensionnaire de Scheveningen pourrait peser très lourd dans la balance. Si lourdement que sa popularité, ajoutée à celle du leader de la plus ancienne formation politique de Côte d’ivoire, constituerait une véritable menace pour l'avenir politique de l'actuel président, qui faut-t-il le rappeler, a réussi à se maintenir au pouvoir au terme d’une crise électorale à l'origine de la mort d’au moins 85 personnes, et au bout d’un scrutin présidentiel très largement boudé malgré les chiffres brandis par les institutions en charge de l’organisation du processus électoral.

Physiquement présent en Côte d’ivoire, chaque décision, chaque avis de Laurent Gbagbo sera déterminant pour ses troupes, qui soutenues par les autres formations politiques, pourraient relever le niveau d’adversité face au régime. Un exercice que le pouvoir en place n’a jamais vraiment apprécié. 

Raoul Mobio 

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