Retour sur le braquage le plus spectaculaire de l'histoire de la Côte d'Ivoire

Alkashi_BéniDieu

Il y a 20 ans, la police burkinabè arrêtait le cerveau du braquage de la BCEAO à Abidjan.

Le suspect n°1 dans le braquage du siège de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest, le 27 août 2002 à Abidjan de plus de 2 milliards de francs CFA, a été appréhendé à l’aéroport de Ouagadougou. 

En escale au Burkina, Sia Popo Prosper avait quitté le Ghana pour rejoindre l’Allemagne. 

L’agent félon de la BCEAO s’était réfugié au Ghana et s’y était fait délivrer un vrai-faux passeport sous le nom de John Acqah. 


Fort de sa nouvelle identité, il espérait facilement abuser la police aéroportuaire burkinabé et embarquer pour une nouvelle vie, mais son voyage s’arrêtera là. Car, pour un Ghanéen, donc anglophone, son français et son accent paraissaient étrangement parfaits. 

Un indice qui ne manque pas de mettre la puce à l’oreille des agents. Ses talents d’imitateur ne résistent pas à un interrogatoire plus approfondi. Son sang-froid l’abandonne, tout comme sa chance. Au cours de la fouille de ses bagages, la police retrouve ses vraies pièces d’identité ainsi qu’une importante somme en dollars. 

Sia Popo Prosper est sous les verrous. Il ne tarde pas à reconnaître qu’il est le principal instigateur de l’incroyable casse de la BCEAO. «Je suis seul au niveau de la banque à avoir organisé ce hold-up », avoue-t-il à la presse burkinabé. Un aveu sans équivoque, mais il se refuse ouvertement à révéler l’endroit où il a caché son butin. 

« Quand on fait un hold-up, on prend les sous pour les déposer en lieu sûr pour ses vieux jours », précise l’ancien vigile. Une déclaration qui fait figure de baroud d’honneur pour une personne qui risque, si ce n’est la réclusion criminelle à perpétuité, du moins une très lourde peine de prison. 

Mais comment s’y était-il prit ? C'est un scénario digne d'un film d'Hollywood qui avait été servi aux Ivoiriens à cette époque-là.

En effet comme à l'accoutumée, le mardi 27 août 2002, vers 11 heures, un transporteur de fonds stationne dans l'enceinte de la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest. Il vient chercher l'argent liquide destiné aux banques de la place.


Alors que le transfert a lieu, les deux portails de sécurité s'ouvrent pour laisser passer un véhicule portant une immatriculation administrative, celle de la présidence de la République, selon une source policière.

Quatre hommes en sortent, armés de pistolets automatiques et de pistolets mitrailleurs. Ils neutralisent sans les blesser les convoyeurs, puis font entrer cinq autres complices qui attendaient dehors.


Sur 23 sacs bourrés de billets, ils en chargent 15 dans leur voiture et prennent la fuite. Durée de l'opération: 15 minutes, pour un butin estimé à plus de 2 milliards de francs CFA.

Pourtant la BCEAO située en plein cœur du quartier d'affaires d'Abidjan, derrière de hautes grilles de protection, faisait figure de forteresse.

Pour y pénétrer, il faut montrer des cartes d'accès non imitables, les guérites en béton des gardiens ne sont pas accessibles depuis l'extérieur de la banque.

Comment des braqueurs sont-ils parvenus à entrer et sortir de la banque centrale, en voiture de surcroît ? C'est la question que tout le monde se posaient.


Non seulement les deux portails de sécurité se sont ouverts comme par enchantement, mais en plus, le système de sécurité qui relie la BCEAO au commissariat n'avait pas fonctionné.


Selon le journal du parti au pouvoir, un journal de la place, les forces de l'ordre ont été alertées environ une heure après les faits. Dans ces conditions, on comprend que la police soupçonne des complicités internes.

Suspect numéro 1, un agent de sécurité de la BCEAO: arrivé le matin du crime vêtu en civil, contrairement à son habitude, il a embarqué avec les voleurs.


En se rendant chez lui, les enquêteurs ont constaté qu'il avait déménagé. Quant à son épouse, également employée à la BCEAO, elle était en France depuis un mois.

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