3ème mandat en Afrique : quand Patrice Talon évoque le vieux démon africain

StanAka

Comme un serment pris devant les peuples africains, le Président de la République du Benin , a réitéré son engagement vis à vis des valeurs démocratiques au rang desquelles l'alternance du pouvoir politique. Ce samedi 10 juillet, il prenait la parole lors d'une cérémonie officielle organisée par plusieurs ONG oeuvrant pour l'alternance démocratique dans les pays africains.

" il convient de limiter les mandats...annonce-t-il( ...) limiter les mandats est , à tous égards, au profit du peuple, plutôt que de laisser les uns et les autres rester éternellement dans la fonction poursuit-il . (...) Je m'en soucie pleinement et je m'engage devant vous à la défendre, à en être témoin", a-t-il terminé, selon les sources de RFI.

Plus qu'un événement isolé, le syndrome des troisièmes mandats constitue aujourd'hui un défi majeur pour les pays africains épris pourtant de paix, de liberté et surtout de développement.

Le Benin, à travers les propos de son Président pourrait bien passer pour un modèle de démocratie où l'alternance n'est pas un vain mot.

Mais combien sont-ils, ces pays où l'alternance démocratique s'impose par des institutions démocratiques autonomes capables d'empêcher toute violence d'ordre constitutionnel ?

En effet, sous d'autres cieux, le fléau du troisième mandat veut marquer le pas dans la marche vers la démocratie véritable. Et en la matière, les mots du Président Patrice Talon rappellent ceux de son homologue Président ivoirien, Allassane Ouattara qui affirmait n'avoir besoin que d'un seul mandat pour remettre la Côte d'Ivoire sur la voie du développement. L'ironie avec ce pays, la Côte d'Ivoire est que les dernières élections présidentielles ont pris une tournure qui oblige à s'interroger sérieusement sur la question de l'alternance démocratique en Afrique. Au Sénégal actuellement, le respect des restrictions constitutionnelles sur le nombre de mandats présidentiels semble ne plus pouvoir garantir une alternance tranquille dans un pays relativement en avance . Macky Sall, pourrait très vite se repentir de sa position départ, claire et intransigeante sur le troisième mandat. Un peu plus loin de là, Feu Idriss Déby du Tchad avait répété à plusieurs reprises qu'il avait voulu, quitter le pouvoir après ses deux premiers mandats. Mais la France , avait-il déclaré, était intervenue pour faire changer la constitution de son pays.

Une situation qui mérite d'être posée et analysée devant l'opinion continentale. Car, les troisièmes mandats et leurs conséquences risquent de freiner à jamais l'élan de développement qu'essaient de prendre les africains . Après les époques douloureuses de la françafrique , peut-être que les troisièmes mandats sont en passe de devenir le mal qui réveille les vieux démons d'une démocratie africaine toujours balbutiante, une démocratie africaine au destin changeant.

StanAka contact@operanewshub.com