Deux barrissements pour la débandade des étalons : récit humoristique de la victoire des éléphants

DanSingault

Il y a des choses qui ne se taisent pas. J'aurai pu tranquillement profiter du douillet week-end ! Mais non, quand l'éléphant passe, point de rosée ! C'est une histoire de voisins. Un peu comme celle du pachyderme et de Maliba. Cette fois, le majestueux éléphant était aux prises avec un autre voisin. C'est l'étalon d'en-haut. L'étalon clame sur tous les toits la puissance de sa nouvelle écurie. Menaçant de balafrer tous les adversaires, il atterrit à Ebimpé un jour épargné par le rationnement. C'est une affaire familiale. 

Quand 17 heures sonnèrent, l'éléphant, calme et fort comme le Mont Tonkpi, gagna la verte arène. L'étalon surgit des vestiaires d'un galop impétueux, distribua des '' Tampiri '' et des hennissements aux éléphanteaux et fit face à la mastodonte. La partie s'enflamma dès l'entame. L'éléphant à coups de sorties royales avertit l'équidé qu'il était au nouveau stade olympique d'Ébimpé. '' La seule issue qui t'attend ici est la défaite '', rappela le vieux Babar. Mais l'étalon s'emporta, renifla et fonça dans les buts d'Ivoire. Effronté, il passa outre les conseils de son docile voisin et remua les filets de l'éléphant. Ouaga était ivre. Son étalon s'imposait chez le voisin. Mais comme toujours, la joie dura le temps d'une mi-temps. À la reprise, le vieil éléphant se dressa et battit le rappel de ses petits. Wilfried Singo et Amad Diallo faisaient feu de tout bois. L'étalon lança Charles Kaboré, un vieil étalon de quarante ans. Sans niaque et sans cheveux, il se fit battre par l'éléphant Sangaré qui rétablit l'équilibre. Plus de quartier libre pour le cheval de Koudougou. Malin, il voulut jouer avec le temps pour s'enorgueillir d'un match nul. Mais on n'apprend pas la grimace à l'éléphant d'Houphouet. Il laissa la bête aux sabots ferrés faire sa comédie. À la dernière minute, Amad Diallo, un éléphanteau nourri à la hargne d'Adjamé, ligota et projeta l'étalon du Yennenga dans l'abîme de la défaite. Il se fit de larges balafres au visage en tombant. Il tenta de se relever. Hélas, plus de force dans ses pattes brisées. Plus de hennissements de vaine vantardise. Deux barrissements suffirent à rétablir l'ordre. Deux seulement. Un matin. Un le soir. C'est la posologie pour calmer les étalons belliqueux. Ouf, c'est si fort, un éléphant. Ses pas sont toujours auréolés de lauriers ! C'est fini. Au suivant !

Dan Singault de Blagouin

DanSingault contact@operanewshub.com