Gbagbo, Bédié, Ouattara : une Côte d’Ivoire sans démocrates ?

Cyrille_NAHIN

Trente ans que ces trois personnalités politiques cristallisent la scène politique ivoirienne. Un règne sans partage y compris au sein de leur propre formation politique. Les cas Affi N’guessan et Jean Louis Billon remettent sur le couvert l’épineuse question de l’alternance dans les formations politiques voir le débat entre hommes forts et institutions fortes.

« On est démocrate que lorsqu'on est opposant. Une fois arrivé au pouvoir, on devient autre chose. Un seul exemple : les médias publics en Côte d'Ivoire. Quand les partis sont dans l'opposition, les leaders et autres dénoncent la confiscation des médias publics par le pouvoir. Mais lorsqu'ils arrivent au pouvoir, ils en font de même. Il faudrait que nous comprenions une chose que ce n'est pas parce qu'on est opposant qu'on est un démocrate. », affirmait Geoffroy Julien Kouao, juriste et analyste politique ivoirien, auteur du livre au titre provocateur "Côte d’Ivoire : Une démocratie sans démocrates ? La ploutacratie n'est pas la démocratie".

A juste titre car les dissensions politiques observées en Côte d'Ivoire ces derniers temps, notamment la sempiternelle crise fratricide au FPI et les récentes flèches décochées contre Jean Louis Billon en raison de ses velléités de candidature à la présidentielle 2025 ne permettent pas d'affirmer que notre classe politique compte assez de démocrates pour construire notre démocratie.

Beaucoup d’Ivoiriens ont espéré que le retour de Laurent Gbagbo marquerait la réunification de sa formation politique le FPI. Que nenni. La décision de l’ex-président ivoirien de créer une nouvelle formation politique pour se soustraire de la crise qui l’oppose à Affi N’guessan pose tout de même la question de l’alternance politique. Du reste, l’ex-président ivoirien, âgé de 76 ans, entretient un flou artistique sur ses ambitions présidentielles.

Même son de cloche au PDCI où les velléités de Jean Louis Billon de briguer la magistrature suprême sont considérés comme un crime de lèse-majesté. Il est accusé de ‘‘jouer à un jeu trouble, de semer la zizanie dans l’esprit des militants’’ selon des cadres du parti joints par téléphone.  

Au RHDP, Alassane Ouattara qui a longtemps prôné le passage de relais à une nouvelle génération, n’a pas hésité à conditionner son retrait par ceux de ses adversaires politiques.

Les leaders politiques ivoiriens agissent-ils dans l'intérêt général ou par intérêts égoïstes et personnels ? Peut-on parler d’institutions fortes comme le souhaitait Barack Obama ou d’hommes forts dans le contexte politique ivoirien ?

Cyrille NAHIN

Cyrille_NAHIN contact@operanewshub.com