De Linas-Marcoussis à Ndjamena, l’attitude intrigante de Paris ? Que cherche Macron au Tchad ?

RaoulMobio

Qu'ils sont heureux, les actuels tenants du pouvoir au Tchad ! Prendre la tête d’un pays en pleine crise militaire après la mort du chef de l’état, en écartant le président de l’assemblée nationale, censé assurer la transition démocratique, pour ensuite procéder à la dissolution de la constitution, et se faire applaudir par l'ex puissance coloniale qui promet son appui militaire et diplomatique… 

Les dirigeants de la junte militaire au pouvoir au Tchad depuis ce 20 Avril 2021, peuvent remercier la providence. Ce Vendredi 23 Avril, à la stupéfaction générale, le chef de l’état Français, Emmanuel Macron déclarait devant le parterre de dirigeants Africains réunis à Ndjamena pour les obsèques du chef de l’état Tchadien, ‘’La transition qui va se mettre en place au Tchad doit être un moment d'unité, pour le peuple tchadien et pour la stabilité de la région. Le G5 Sahel est mobilisé aux côtés du Tchad et le peuple tchadien peut compter sur l'amitié indéfectible de la France’’. 

Quid des revendications des rebelles qui réclament l’alternance au sommet de l’état après 30 ans de règne sans partage du régime Deby. Pourtant, 18 ans en arrière, la rébellion des Forces Nouvelles était placée au même niveau que le gouvernement légal de Laurent Gbagbo à la table-Ronde de Linas-Marcoussis en 2003. 

Le régime d'alors avait été contraint de partager le pouvoir avec la rébellion. Au Tchad, on préfère soutenir un gouvernement à la fois illégitime et illégal, face à une rébellion qui sévit sur la base de revendications démocratiques. 

La véritable motivation du soutien de la France au régime Tchadien se trouverait-t-elle ailleurs, au point de renier ses principes démocratiques ? L'attitude de Paris, surtout ses logiques contradictoires dans l’abordage des crises en Afrique. 

Raoul Mobio

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