Découvrez les footballeurs noirs africains qui ont évolué en sélection Allemande

Leverdade

 

Contrairement à d’autres grandes nations de football qui ont une tradition de joueurs de couleur, l’Allemagne est longtemps apparue comme l’une des sélections comptant le moins de noirs. La faute à une histoire coloniale nettement moins marquée. L’Allemagne n’était pas non plus l’une des destinations privilégiées pour d’éventuels migrants. La donne a cependant changé ces dernières années et quelques joueurs noirs ont eu la possibilité de figurer dans la Nationalmannschaft, devenant même pour certains des tauliers.


Erwin Kostedde (3 sélections)

Fils d’un G.I. afro-américain et d’une allemande, Erwin Kostedde se révèle sous les couleurs du Standard de Liège, finissant meilleur buteur du championnat belge en 1971. Transféré par la suite aux Kickers Offenbach, cet avant-centre précis continue de planter à souhait. Ses bonnes performances lui vaudront une convocation avec l’équipe nationale de la RFA en 1974. Il deviendra ainsi le premier joueur de couleur à porter le maillot de la Nationalmannschaft. Malheureusement, Kostedde ne parvient pas à s’imposer sur le front de l’attaque. Son aventure en sélection se limitera à trois rencontres bien que ses performances en club demeurent satisfaisantes.


Jimmy Hartwig (2 sélections)

Né d’un père sénégalais qui ne l’a pas reconnu, Jimmy Hartwig est le deuxième joueur de couleur à avoir été international allemand après Kostedde. 


Les chemins des deux hommes se croiseront d’ailleurs puisqu’ils évolueront ensemble aux Kickers Offenbach. Hartwig ne s’y impose cependant pas et quitte le club après une seule saison. C’est sous les couleurs du TSV Munich 1860 puis du Hambourg SV que ce solide défenseur brillera. Champion d’Allemagne en 1979, il est dans la foulée d’une saison réussie convoqué en sélection. 


Sa carrière internationale restera anecdotique (deux matchs) à la différence de son parcours en club qui est couronné de succès (Deux autres titres remportés en 1982 et 1983, trois fois vice-champion en 1980, 1981 et 1984 et surtout une coupe d’Europe des clubs champions remportée en 1983). Hartwig intègrera certes la sélection olympique mais ne reviendra jamais en équipe première.


Gerald Asamoah (43 sélections, 6 buts)

Né au Ghana, ce n’est qu’en 1990 que Gerald Asamoah et ses parents arrivent en Allemagne. Révélé sous le maillot de Schalke 04, il décide d’opter pour la nationalité allemande et reçoit sa première convocation en 2001. Il devient ainsi le premier africain d’origine à porter les couleurs du NationalElf. Loin d’être un épiphénomène, il s’impose dans le groupe et est souvent appelé. 


Sans surprise, il se retrouve dans la liste des 23 du mondial 2002. Non-retenu pour l’EURO 2004, il échappe ainsi au fiasco de cette campagne et revient en grâce par la suite. Il disputera la coupe des confédérations en 2005 et la coupe du monde 2006. Malheureusement pour lui, sa carrière en sélection ne survivra pas au départ de Jürgen Klinsmann. Joachim Löw ne lui fait pas confiance et ne le convoque pas une seule fois après 2006. Et rien, pas même ses saisons pleines avec le club de Gelsenkirchen ne parviendront à lui rouvrir les portes de la sélection.


Patrick Owomoyela (11 sélections)

Fils d’un nigérian et d’une allemande, Patrick Owomoyela fait ses armes dans les divisions inférieures avant d’exploser sur le tard à 25 ans. Le pensionnaire de l’Arminia Bielefeld reçoit assez logiquement une convocation en équipe nationale allemande fin 2004. 


Il intègre une Nationalmannschaft en pleine reconstruction et est ensuite retenu pour la coupe des confédérations 2005 disputée à domicile. Transféré par la suite au Werder Brême, ses performances déclineront progressivement et il ne sera pas sélectionné pour la coupe du monde 2006. Owomoyela ne sera plus jamais rappelé. Il a, au total, porté onze fois le maillot allemand.


David Odonkor (16 sélections, 1 but)

Retenu à la surprise générale dans la liste pour la coupe du monde 2006, l’ailier droit du Borussia Dortmund justifiera la confiance de Jürgen Klinsmann en réalisant d’assez bonnes performances. En dépit d’une carrière freinée par des blessures récurrentes, il est tout de même régulièrement appelé en sélection et dispute par la suite l’Euro 2008 sous la direction de Joachim Löw. 


Malheureusement, sa fragilité physique aura raison de sa carrière. Trop souvent blessé, il perd définitivement sa place en sélection et connait la relégation avec son club d’alors le Betis Séville. Contraint d’évoluer en deuxième division avec son club, faute d’offres intéressantes, le joueur d’origine ghanéenne disparait à tout jamais des radars de son sélectionneur.


Jeronimo Cacau (23 sélections, 6 buts)

D’origine brésilienne, Claudemir Jerônimo Barreto acquiert la nationalité allemande en 2009. Quelques mois plus tard, il reçoit sa première convocation en sélection germanique sur la foi de ses bonnes saisons avec le VFB Stuttgart. Devenu rapidement un des hommes de base de Joachim Löw, il est logiquement retenu pour la coupe du monde 2010 en dépit d’une efficacité devant le but laissant à désirer. Cacau continue d’honorer des capes par la suite, mais il ne parvient pas à gagner sa place de titulaire et finit progressivement par devenir un simple joueur de complément dans l’esprit de son entraîneur. 


Ainsi, il est écarté de la liste des 23 pour l’EURO 2012. On ne le reverra plus en sélection.


Jerome Boateng (68 sélections, 1 but)

A la différence de son demi-frère Kevin-Prince qui optera pour le Ghana, Jerome Boateng choisit de représenter le pays de sa mère, refusant l’offre des Black Stars qui l’avaient appelé dès 2008. C’est en 2009 qu’il honore ses premières capes avec la sélection germanique où il s’impose rapidement. Depuis, Jerome Boateng est devenu un des tauliers du NationalElf, présent à tous les grands rendez-vous depuis la coupe du monde 2010. A 29 ans, le défenseur du Bayern Munich a encore de belles années devant lui.


Dennis Aogo (12 sélections)

Courtisé par le pays de son père le Nigeria, Aogo finit cependant par opter pour celui de sa mère qu’il avait déjà représenté dans les sélections de jeunes. Après une bonne saison avec le Hambourg SV, il est retenu pour la coupe du monde 2010 et effectue dans la foulée ses débuts avec la Nationalmannschaft durant les matchs de préparation. 


Il y jouera peu mais prendra du galon pour la suite. En 2011, il est régulièrement convoqué mais ne parvenant pas à s’imposer comme titulaire, il est finalement mis de côté et ne prend pas part à l’EURO 2012. Sa chance est passée. S’il est brièvement rappelé en 2013, il n’est clairement plus dans les petits papiers de son sélectionneur qui ne le convoque plus depuis lors.

Antonio Rüdiger (22 sélections, 1 but)

D’origine sierra-leonaise par sa mère, Antonio Rüdiger nait et grandit en Allemagne. Formé au VFB Stuttgart, il y effectue ses débuts en 2012. En 2014, il est appelé pour la première fois en sélection (il avait déjà connu les sélections de jeunes). En dépit de la concurrence de Mats Hummels et Jerome Boateng, Rüdiger fait son trou et fait partie intégrante du groupe. Bien qu’il ait dû renoncer à l’EURO 2016 à cause d’une blessure, Rüdiger a fait bonne figure durant la coupe des confédérations l’année suivante. Il conserve toutes ses chances de faire partie de la liste des 23 pour la prochaine coupe du monde russe.


Leroy Sané (9 sélections)

Bien que son père Souleymane Sané ait porté les couleurs du Sénégal, Leroy Sané choisit de défendre celles de l’Allemagne. Appelé en U19 dès sa première saison professionnelle, il sera retenu avec les A dès novembre 2015. Grâce à ses bonnes performances, il fait partie du groupe de l’EURO 2016. 


Convaincant, le feu follet de Manchester City est depuis un des cadres de la sélection dirigée par Joachim Löw. Sauf blessure sa place pour la future coupe du monde est d’ores et déjà assurée. Seule ombre au tableau, un compteur de buts en sélection encore bloqué à zéro.


Serge Gnabry (2 sélections, 3 buts)

Découvert à Stuttgart, c’est pourtant à Arsenal que Gnabry achève sa formation, intégrant au passage l’équipe première des Gunners. Cependant des pépins physiques récurrents entraveront sa progression. Approché par la sélection ivoirienne (le pays de son père), il fait très vite part de son intention de jouer pour l’Allemagne.Il devra cependant patienter jusqu’en 2016 et sa renaissance sous le maillot du Werder Brême pour trouver grâce aux yeux de son sélectionneur. 


Brillant durant le tournoi olympique de Rio, Gnabry honore sa première cape en novembre 2016. Il signe des débuts fracassants en plantant un triplé contre Saint -Marin (victoire finale 8-0). A 22 ans, il représente l’avenir de la Nationalmannschaft, bien qu’il peine encore à faire son trou du fait de la forte concurrence aux postes offensifs.

Jonathan Tah (3 sélections)

De père ivoirien comme Serge Gnabry, Jonathan Tah porte les couleurs germaniques depuis les U15. C’est donc naturellement qu’il opte pour la sélection allemande. Transféré au Bayer Leverkusen en 2015, il s’y impose et confirme son statut de grand espoir du football allemand. Il est sectionné pour la première fois en mars 2016 pour des matchs amicaux. 


Par la suite, il suppléera Antonio Rüdiger, blessé, à l’EURO 2016. Bien qu’il ne soit plus réapparu sous le maillot allemand depuis 2016, il conserve la confiance de Joachim Löw qui en a fait un de ses réservistes. A 22 ans, l’avenir lui appartient.

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