Mali: la junte est-elle à la recherche d'une légitimation ou on veut lui faire payer cash?

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Le coup d'État manqué cette semaine au Mali n'a pas encore fini de livrer tous ses secrets. Les spéculations vont bon train tant le flou perdure encore. Seulement que l'analyse des faits laisse entrevoir deux pistes de réfléxion. Primo: la junte malienne ne se serait-elle pas mise dans une posture de victimisation à l'effet de se légitimer vis à vis du peuple malien qui commence à ressentir les sanctions tout azimut de l'organisation sous régionale et de certaines puissances occidentales, afin de ne pas susciter sa colère?

Secondo: Les puissances étrangères et certains chefs d'États du continent qui n'apprécient pas les positions de la junte malienne et qui voient en cela une défiance ne sont-ils pas réellement en train de fomenter un coup pour faire payer cash les militaires au pouvoir à Bamako? Ces deux pistes méritent d'être scrutées sans passion pour comprendre cette tentative de push qui continue de faire la Une de la presse sous régionale et hexagonale.De l'avis de certains, le colonnel Assimi Goïta; le chef de la junte au pouvoir à Bamako et ses hommes veulent donner dans la surenchère en '' fabriquant '' un coup d'État afin de gagner les faveurs du peuple. Selon les tenants de cette thèse ce n'est pas la première fois que cela arrive, puisqu'il y a un an de cela un jeune homme aurait été neutralisé dans sa tentative d'assener des coups de poignard au colonnel président dans une mosquée de Bamako. Et jusqu'ici les enquêtes n'ont pas encore abouties. Puisque la junte malienne essouflée par les sanctions de la CEDEAO et fragilisée par les actions que mènent les terroristes dans la partie nord du pays, n'ont d'autre choix que de se faire peur en prétextant une tentative de coup d'État.

L'autre piste qui reste peut-être la plus plausible est bien la seconde, à savoir que la communauté dite internationale dont la France est la tête de pont voudrait bien faire payer cash la junte malienne pour sa défiance et son intransigeance vis à vis d'elle. Rien qu'à voir la fin de l'opération barkhane et de la force Tacouba, la crise diplomatique entre Bamako et Paris avec l'expulsion de l'embassadeur de France au Mali, la suspension de Radio France Internationale et la remise en cause des accords de défenses entre Bamako et Paris, pour se convaincre que l'Élysée n'est pas prêt à '' caresser '' le régime de Bamako.

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