Sacré Socrate ! Découvrez la formidable solution qu'il proposait contre les fake news.

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 Statue de Socrates exposée en face du bâtiment national académique à Athènes 

Les fake news, thèmes anglo-saxons dont les équivalents français sont intox, infox ou encore fausses nouvelles ou nouvelles fallacieuses, sont des informations mensongères diffusées dans le But d'induire le public en erreur. Elles sont aussi vieilles que les termes qui les désignent. Mais elles ont pris une ampleur considérable et surtout incontrôlable avec l'avènement des réseaux sociaux, où tout le monde est devenu journaliste. Ainsi, certains internautes, contre toute éthique morale, n'hésitent pas à publier des informations inventées de toutes pièces ou qu'ils n'ont point pris la peine de vérifier , rien que pour créer le buzz.

Les conséquences, directes ou indirectes, engendrées par ces rumeurs sont aussi fâcheuses que condamnables. Qui ne se souvient pas encore des nombreuses rumeurs qui ont circulé sur la toile à l'apparition de la maladie à coronavirus, Covid-19 ? De l'hypothèse de la théorie du complot aux prétendus remèdes de cet ennemi invisible qui a coûté la vie à plus de de trois millions de personnes, les internautes en ont eu pour leur compte.

En Côte d'Ivoire, les fake news ont à maintes reprises "tué" de nombreuses personnalités du monde du cinéma, de la musique, de la politique et de bien d'autres domaines. L'exemple le plus récent celui de la rumeur du décès de Bébé Carla, petite sœur de feu DJ Arafat.

Les plus graves incidences des fake news sont sans doute celles de la profanation de la tombe de feu Huon Ange Didier (DJ Afafat) et, plus récemment, l'attaque de la communauté nigerienne vivant en Côte d'Ivoire, suite à la diffusion sur les réseaux sociaux d'une vidéo montrant des personnes présentées comme des migrants ivoiriens , qui se faisaient cruellement torturer au Niger. La réaction ivoirienne a coûté des pertes matérielles énormes aux Nigeriens; des blessés et même des pertes en vies humaines ont été enregistrés.

Une manifestation suite à la fake news de la tortures infligées à des migrants ivoiriens


Et pourtant, il y a plus deux millénaires, l'un des plus célèbre philosophes de tous les temps , Socrate, donnait déjà une sage solution contre les fake news. Un jour, l'un de ces disciplines vint dire à Socrate:

Le disciple: Sais-tu ce que ton ami raconte à ton sujet ?

Socrate: Attends, passe d'abord cette information à travers trois filtres.

Le disciple : Trois filtres ?

Socrate: Oui. Le premier, le filtre de la vérité. Es-tu sûr que ce que tu vas me dire est vrai ?

Le disciple : Non, je vient de l'entendre dire.

Socrate : Passons au deuxième filtre. Ce que tu veux me dire, est-ce quelque chose de bon ?

Le disciple: Ah non ! Au contraire...

Socrate: Voyons voir le troisième filtre. Ce que tu vas me dire a propos de mon ami, va-t-il me servir ?

Le disciple: Non, pas vraiment.

Socrate: Alors, ce ce que tu as à me dire à propos de mon ami n'est ni vrai, ni bon, ni utile, pourquoi me le dire? Je ne souhaite donc pas le savoir, conclut Socrate.

Il faut le reconnaître, le teste des trois filtres de Socrate est un exercice de bon sens, d'esprit critique. Et il ne devrait pas y avoir de difficultés si l'on s'en tient à l'opinion de René Descartes: <<Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée >>. Mais à l'épreuve des faits, le gouvernement ivoirien a compris qu'il ne pouvait pas compter sur le bon sens de ses concitoyens. C'est pourquoi, à travers la loi n°2013-451 du 19 juin 2013 relative à la lutte contre la cybercriminalité, il a fait adopter par le parlement des mesures de répression des auteurs et complices de fake news.

Ainsi, aux termes de l'article 65 de la loi sus-citée, est puni d'une peine d'emprisonnement de 6 mois à 2 ans celui qui se rend coupable de diffusion de fausses informations. La peine peut être plus lourde, allant jusqu'à 20 ans, en fonction du contenu de l'information. Par exemple, si le message diffusé revêt un caractère raciste ou xénophobe, la peine se situe entre 10 et 20 ans, suivant la gravité de l'infraction.

Le Ministre Bruno Nabagné Koné lors d'une visite de terrain dans un cyber café.

Ces peines peuvent être toutefois évitées si, chaque internaute, avant de poster un message ou une vidéo, les soumet au filtre de sa raison, comme l'enseigne Socrate. Il en va de même pour celui qui envisage de les partager.

Et vous, pensez-vous comme le gouvernement que la répression soit plus efficace que la théorie des trois filtres de Socrate ?

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