Nouveaux Districts autonomes : Les premières réactions de l'opposition

Haity

Le Rhdp de Ouattara à l'abordage

Le chef de l'État Alassane Ouattara peut apprécier les premières réactions que suscitent ses dernières décisions. Et s'il veut les réajuster, autant pour lui. Celle-ci sont tombées dans la foulée. Suite à la création par ses soins, de 12 nouveaux Districts autonomes, par décret du 9 juin 2021, en plus de ceux d’Abidjan et de Yamoussoukro, le vendredi 18 juin 2021, à la signature d’un décret de nomination des ministres, gouverneurs des Districts autonomes. Autant le dire tout net, une décision qui est décriée par plusieurs partis politiques. Dont, le Pdci-Rda et l’Ung. Dans un communiqué publié, le 20 juin dernier, le parti présidé par Henri Konan Bédié a dénoncé ces nominations fantaisistes à travers, la direction de cabinet de ce parti. Pour le Pdci-, cette décision « n’est indéniablement pas en adéquation avec les aspirations actuelles de nos populations ». Le plus vieux parti ivoirien estime qu’il y a plus important à résoudre pour l’amélioration du bien-être des populations, que de satisfaire des ministres limogés par ces nouvelles nominations. 

Le Pdci-Rda de Bédié se dresse

« En effet, depuis le mois d’avril dernier, notre pays connait une inquiétante crise énergétique qui perturbe profondément la vie quotidienne de nos populations et fragilise la performance de nos entreprises : les emplois de nos valeureux travailleurs sont menacés. A cette problématique s'ajoute l’inflation des prix des denrées alimentaires et des produits de consommation. Les prix de certains produits de premières nécessités frôlent les augmentations de plus de 50%. Le nombre de nos compatriotes vivants en dessous du seuil de pauvreté se retrouve, dans ce contexte, tristement en progression.  En lieu et place d'un traitement d’urgence de toutes ces questions d'une extrême importance pour améliorer le bien- être de toutes nos familles et pour engager ensemble une vraie réconciliation entre toutes les composantes de notre Nation, le Chef de l’État a fait malheureusement le choix de la nomination à des postes de ministres-gouverneurs de personnalités récemment sorties de son gouvernement », rappelle le Pdci. S’interrogeant de savoir à quoi ces nominations pléthoriques, exorbitantes et improductives répondent-elles exactement. Cela ne va qu’impacter négativement le contribuable ivoirien. « Visiblement, ces nominations ne répondent pas à un souci de performance du service de proximité de l'État aux populations mais plutôt à une volonté manifeste de servir des intérêts d’amis et des calculs politiques partisans inavoués. Le Pdci-Rda constate avec regret cette situation et la dénonce vigoureusement. Le Pdci-Rda rappelle au Chef de l’État ainsi qu’au gouvernement l’importance d’agir, sur ces questions qui concernent la gouvernance administrative en concertation avec l’ensemble des acteurs politiques et ce, uniquement, dans l’intérêt d’une reconstruction durable de notre pays. Nous n’avons pas le droit de le manquer sous prétexte de prioriser des intérêts quelconques au service d’un clan quel qu’il soit », s’insurge le Pdci. 

La contre attaque de l'Ung

C’est la même position chez l’Union des nouvelles générations (Ung) de Stéphane Kipré. Qui le samedi 12 juin dernier à Yopougon, a fustigé ces nominations injustifiées et budgétivores. Selon ses dires, il y aura une grande cacophonie au niveau des différentes entités déconcentrées et décentralisées dans les départements, villes et régions. « Pendant que nous sommes concentrés à prêcher la réconciliation nationale, le pouvoir prend certaines décisions impopulaires et improductives comme celle relative à la création de poste de ministre-gouverneur qui sera une poche de dépense supplémentaire pour l'Etat. Quel sera le rôle de ces ministres-gouverneurs et quel sera le rôle des présidents des conseils régionaux ? Il faut qu’on nous clarifie ça. Parce qu’à chaque fois qu’on nomme un ministre, c’est une dépense supplémentaire pour l’Etat. La Côte d’Ivoire ne peut plus s’offrir le luxe de multiplier les postes, parce que ça va impacter négativement le budget. Il faut plutôt trouver des budgets pour construire des hôpitaux bien équipés, des écoles, pour que l’assurance maladie universelle soit une effectivité. A Abidjan et à Yamoussoukro, il n’y a pas de présidents de conseils régionaux. Alors qu’ailleurs, il y a des présidents de conseils régionaux, des préfets, des maires. Et maintenant, il y aura des ministres-gouverneurs. Mais, ils vont se marcher dessus. Je pense que cette décision n'est pas bonne et qu'il aurait simplement pu renforcer les pouvoir des préfets de région et de département, pour en faire des vrais acteurs de développement. J'aurai préféré la création d'un poste de préfet de District. Car, ils sont déjà installés. Mais la multiplication des administrations n'est pas la bonne solution, surtout que ne savons pas à ce jour ce qu'il en sera des conseils régionaux. E n’est pas bon. Il faut revoir cela », a critiqué Stéphane Kipré.

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