Nouvel exécutif français: la reconduction de Jean-Yves Le Drian compromise par la justice malienne ?

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Alors qu’Emmanuel Macron a prêté serment après sa réélection à la tête de la République française et s’apprête donc à mettre en place un nouvel exécutif qui va diriger la France pour les cinq prochaines années, un pion clé de la présente équipe gouvernementale pourrait voir son poste de ministre être sérieusement remis en cause pour des raisons judiciaires.

En effet, le ministre de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian puisque c’est de lui qu’il s’agit, a été convoqué par le juge d’instruction Mahamoudou Dicko du pôle économique et financier du tribunal de grande instance de la Commune III du district de Bamako à « se présenter à son cabinet » le 20 juin à 8 heures «pour une affaire le concernant».

De quoi accuse-t-on ce membre influent du gouvernement Castex ? L’on apprend qu’à l’initiative du ‘’Mouvement Maliko’’ littéralement ‘’les affaires du Mali’’ qui regroupe plusieurs mouvements et associations de la société civile, Jean-Yves Le Drian et son fils qui se prénomme Thomas ont été convoqués pour « atteinte aux biens publics aux dépens de l’État » du Mali. Cette affaire remonterait à 2015, où le défunt Président malien Ibrahim Boubacar Keïta dit IBK était aux affaires et avait confié  la fabrication des passeports biométriques de son pays à ‘’Oberthur Technologies’’, une société où le fils de Jean-Yves Le Drian à des intérêts.  

Le ‘’Mouvement Maliko’’ indique que ce marché public avait été adjugé à cette entreprise sans  appel d’offres préalable d’où son caractère « illégale». Jean-Yves Le Drian estime ce mouvement, aurait usé de tout son pouvoir auprès du Président Ibrahima Boubacar Keita pour que ce marché soit accordé ‘’Oberthur Technologies’’. Pour fonder leurs accusations, le ‘’Mouvement Maliko’’ trouve très suspect la décision de mettre fin au contrat de la Canadian Bank Note (CBN) qui détenait ce marché depuis 2001 et qui faisait encore une offre financière plus avantageuse pour l’Etat malien que celle faite par la société française.

S’agissait-il pour ‘’IBK’’ de contenter un vieil ami français qui en retour jouerait de son entregent  pour accorder le soutien et la protection de la France à son régime ? Ou alors est-ce une manœuvre politique de la justice malienne qui se prête au jeu du politique dans un contexte où les relations sont des plus exécrables entre Bamako et Paris ? Le moins qu’on puisse dire, c’est que cette affaire arrive justement à un moment où Emmanuel Macron s’apprête à nommer un nouveau Premier ministre qui lui proposera une nouvelle équipe gouvernementale. Avec ce dossier judiciaire qu’il va trainer comme un énorme boulet, Emmanuel Macron prendra-t-il le risque de renouveler sa confiance en son actuel ministre des affaires étrangères ? Le timing de cette affaire tombe mal pour le ministre Le Drian et pourrait sérieusement compromettre sa reconduction. Toutefois, dans un contexte où c’est le total désamour entre Paris et Bamako, cette affaire pourrait être vue par Paris comme une manœuvre supplémentaire de la junte aux affaires au Mali pour diaboliser une fois de plus l’ex puissance colonisatrice.

 

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