Conflit Gbagbo-Blé Goudé : Alfred Guéméné en appelle ‘’à la prise de conscience de Gbagbo’’

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Alliés inconditionnels durant les 8 années de rébellion armée qu'a connu la Côte d'Ivoire entre Septembre 2002 et Avril 2011, les clans Blé Goudé Charles et Laurent Gbagbo s'entredechirent ouvertement depuis quelques semaines. Si la rupture entre les deux ex co-detenus de la prison de Scheveningen à la Haye, couvait depuis le retour d'exil de l'ancien chef d'état Ivoirien, en Juin 2021 suite à leur acquittement définitif par la CPI le 31 Mai, le Parti des Peuples Africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) et le Congrès Panafricain pour la Justice et l'Egalite des Peuples (COJEP) sont entrés en guerre ouverte.

 

D'ailleurs, le 23 Juin dernier, le porte-parole du PPA-CI, Justin Koné Katina tranchait sur la question : "Que nous ayons été ensemble à un moment donné ou non, cela ne change rien à cette réalité politique. Ça nous le disons sans aucune haine. Nous ne sommes plus ensemble". Indigné par ce climat de plus en plus délétère qui menace selon lui la subsistance de la Gauche Ivoirienne, le président de l'Union Pour la République (UPR), Alfred Guéméné a vivement interpellé ce Lundi 27 Juin, l'ex dirigeant Ivoirien, Laurent Gbagbo.

 

Dans une contribution qu'il nous transmettait, cet ancien vice-président du FPI établit un diagnostic alarmant de la situation actuelle de la Gauche dont il est issu. "Personne ne s'en rend sans doute compte. Mais la guerre ouverte entre le PPA-CI et le COJEP, par le biais de leurs inconditionnels, est la manifestation tangible de l'écroulement de l'édifice trentenaire de la gauche ivoirienne.

En effet, on pouvait encore tolérer que les pulsions incontrôlables et la haine cristalline aient pu avoir raison des relations séculaires entre, d'une part, Laurent Gbagbo et le Président du FPI, et entre le fondateur de ce parti et son épouse emblématique, d'autre part. Car, vu la forte personnalité des trois figures historiques et leur passion pour le positionnement sur l'échiquier politique, il eut fallu être d'une naïveté déconcertante pour penser à une pérennité de l'ordre établi dans le microcosme de la gauche. Mais que les forces d'avenir, l'épine dorsale, la cheville ouvrière de la gauche s’entre-déchirent sans ménagement est pour le moins stupéfiant. Et augure d'un avenir peu reluisant pour cette famille politique. D'autant plus que la mission de refondation que s'est assignée la gauche ivoirienne est loin d'être accomplie", déplore-t-il.

 

La position de l'UPR, il la clarifie : ‘’Nous plaiderons simplement pour un retour au calme dans les écuries de la refondation. Car le bon fonctionnement de la République reste intimement lié à celui des institutions qui lui sont constitutives, à savoir l'État et ses démembrements, le pouvoir, l'opposition, les corps constitués et la société civile. Le fait est que dans une République déséquilibrée où le pouvoir est contraint à la dictature, faute de force d'opposition régulatrice crédible, le consensus gestionnaire que prône l'UPR serait simplement frappé du sceau de la vanité’’.

 

Face à cette situation, l’UPR en appelle ‘’à la prise de conscience et de responsabilité de Laurent Gbagbo, pour que soit mis un terme à cette spirale de réquisitoires enflammés des uns contre les autres’’, car exhorte Alfred Guéméné, ‘’Nous comprenons sa légitime aspiration au retour au pouvoir. Mais nul ne peut prétendre à la résolution des préoccupations génériques d'un pays, s'il n'est capable de faire face aux réalités existentielles de sa propre famille politique’’.

Raoul Mobio

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