Violer la loi pour être président et être au pouvoir par coup d'état sont-ils différents ? (Opinion)

Assibena

Prendre par la force des armes le pouvoir d'Etat, est une pratique antidémocratique, non encourageable. Voir les militaires s'immiscer dans le jeu politique en prenant la tête de certains pays, est une pratique courante en Afrique comme sur d'autres continents. Et généralement, toute prise de pouvoir par les militaires est condamnée par des organisations régionale, continentale voire mondiale.

Là où l'on s'étonne c'est le quasi-mutisme desdites organisations quand un président en exercice taille la constitution à sa mesure pour pour se maintenir au pouvoir. Les exemples sont nombreux, notamment sur le continent africain ; Paul Biya au pouvoir depuis le 6 novembre 1982 est devenu indéboulonnable au Cameroun, Dénis Sassou Nguesso, président Congo du Congo depuis 1997, sans oublier les présidents Faure Gnassingbé du Togo ( au pouvoir depuis 2005 )et Ali Bongo Odimba du Gabon ( président depuis 2009) qui ont pratiquement succédé à leurs pères au grand désarroi d'une bonne partie des populations de leurs pays respectifs.

Récemment en Côte d'Ivoire et en Guinée, les troisièmes mandats d'Alpha Condé et d'Alassane Ouattara ont été des moments très électriques au niveau sociopolitique avec son lot de dégâts matériels et pertes en vies humaines. Pourquoi est-il si difficile de respecter les lois prescrites ? Serait-ce la soif du pouvoir ? Il apparait difficile d'envisager une réponse claire à ces questions.

Le paradoxe, c'est aussi quand certaines organisations régionale et continentale restent passives où se disent ne pas s'ingérer dans des affaires internes des Etats, lorsque certains présidents font des manœuvres pour être ou se maintenir au pouvoir.


Là où il y a un autre paradoxe.

Par contre, quand un président élu, après des tripatouillages de la constitution, venait à être renversé par un coup d'état militaire ou civil, c'est alors des pluies de condamnations çà et là. Or, celui qui accède au trône au mépris des lois de son pays n'est, en réalité différent de celui qui prend le pouvoir par un coup d'état. Alors il apparait absurde de féliciter un président qui viole la constitution de son pays qui est aussi comme un faiseur de coup d'état, c'est-à-dire un coup de force constitutionnel. Il faudra des décisions courageuses des instances régionale, continentale et mondiale face à des cas de violation des lois fondamentales et des coups d'état pour décourager leurs auteurs, car un président issu d'une constitution violée n'est pas plus légitime ni légal qu'un président issu d'un coup de force.

Depuis leur création des organisations telles que l'ONU, l'UA, la CEDEAO, etc, éprouvent de réelles difficultés à régler des problématiques liées aux coups d'état et des cas de violation des constitutions. Ne faudrait-il pas que ces organisations se dotent de textes et moyens plus contraignants pour une efficacité sur le terrain ?


As. B

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