Délestage électrique : le secteur des petits métiers sévèrement touché

ThéodoreKoffiSinzé

Depuis plus d’un mois que dure le délestage électrique sur toute l’étendue de la Côte d’Ivoire, des pans entiers de l’économie nationale sont sinistrés. C’est le cas des petits métiers et des petits boulots de la débrouillardise.

Le jeune Séri inquiet pour son emploi (Photos: T. Sinzé)  

L’énergie électrique dans l’économie, c’est comme le sang dans le corps. Le rôle incontournable de cette forme d’énergie n’a jamais été aussi évident pour les acteurs du secteur des petits métiers et des Petites et moyennes entreprises (Pme).

Séri Christian, gérant du pressing « vit-net » faisant face à la brigade de gendarmerie de Yopougon Toits Rouges nous parle de ses déboires, le regard attristé : « depuis un mois, nous sommes pratiquement à l’arrêt. Les matins où nous mettons le linge dans les machines à laver, il n’y a plus d’électricité. En cours de journée quand le courant est rétabli, c’est pour une ou deux seulement. Nous n’avons pas le temps de laver et de repasser tous le linge de nos clients. Aujourd’hui, notre recette est divisée par quatre ».

L'acquisition d'un groupe électrogène impacte les marges

A quelques pas de là, le gérant de la boulangerie « Nouvelle Jérusalem », voisin de la pharmacie « Bahéty » a trouvé une solution palliative : l’achat d’un groupe électrogène. Avant cette acquisition, le gérant était obligé de transporter tout le pain pétri dans l’une de ses boulangeries située au quartier Sideci, Palais pour les faire cuire au four. Bien sûr, cette opération n’est possible que quand ce quartier est desservi au moment où le quartier toits rouges est privé d’électricité. Au dire des travailleurs, avec l’arrivée du groupe électrogène, le travail peut à présent se faire au rythme de croisière d’antan. Cependant, le surcoût que représente l’achat du groupe électrogène et le gasoil utilisé pour son fonctionnement grève sérieusement les marges de cette Pme. A terme, ce sont les emplois qui sont menacés.

Autre lieu, même problématique. Amessan Christophe est coiffeur et gérant d’un atelier « moderne » de coiffure. Pour ce jeune-homme d’une trentaine d’années, le rationnement ou le délestage, c’est selon, est une véritable catastrophe pour son petit business : « Je faisais des recettes de plus de 10.000 francs tous les jours. Depuis qu’il y a ces coupures intempestives, j’ai à peine 4.000 francs par jour. J’ai une famille à nourrir et cette situation me pèse énormément ». L’atelier d’Amessan est situé en face de la mosquée de toits rouge. Il y travaille avec 4 autres collègues qui se plaignent de la même situation et crient misère.

Amessan attend impatiemment que l'électricité soit rétablie

Le moins qu’on puisse dire est que cette situation de coupure récurrente d’électricité impacte très lourdement tous les petits métiers comme la couture, la coiffure, la blanchisserie, la vente de glace alimentaire, etc.

Il sera salutaire pour ces secteurs déjà très éprouvés par les effets négatifs de la crise sanitaire du Covid 19, d’avoir un accompagnement des pouvoirs publics, afin d’éviter qu’ils sombrent, avec à la clé, des milliers de familles abandonnées à la misère.

Théodore Sinzé   

ThéodoreKoffiSinzé operanews-external@opera.com