Calcul de moyennes dans les lycées et collèges : un acteur du système éducatif parle !

Petanlan

Durant une longue période, les apprenants ont acquis des habiletés et des compétences. Ces habiletés et compétences fournies à travers des enseignements par les maîtres du savoir ont été validées par des évaluations ponctuelles. Désormais, la place est laissée à la vérification des notes et aux calculs des moyennes.

Au lycée Mixte 1 de Yamoussoukro, nous avons rencontré des acteurs qui nous parlent à cœur ouvert.

"Contrairement aux années passées, 2020-2021, demeure l'année scolaire des semestres. Repartie sur deux semestres, elle a permis d'avoir suffisamment de temps pour transmettre le savoir et évaluer les élèves dans la sérénité même si la réalité de la pandémie du Coronavirus n'a ps été du tout bénéfique", nous dit Professeur Tanguy Kouadio, enseignant de Lettres Modernes (Français).

"Nous sommes en fin d’année, dit Monsieur Tanguy, pour constater la finalité du travail de nos enfants. L’année, Dieu merci, a été normale. Contrairement à l’an dernier où nous avions l’avènement du COVID-19 qui a véritablement empêché le fonctionnement de l’école avec des arrêts de cours d’une longue durée, ce qui a empiété lourdement sur la capacité, l’efficacité et la connaissance des enfants.

Cette année, au mieux de notre possible, avec les orientations du gouvernement, nous avons pu faire un temps de révision suivi des cours normaux de l’année en cours. Mais, il a fallu enlever quelques aspects des différentes progressions pour que l’année puisse être finie. En outre, le constat reste amer du fait que le niveau des enfants a baissé. Dans la mesure du possible, les enseignants ont donné les cours.

Cependant, les formations pédagogiques, les systèmes de formation qui sont mis en place n’aident pas véritablement les enfants à acquérir les connaissances qu’il faut pour évoluer de classe en classe.

A côté de cela, il y a des facteurs qui influencent l’apprentissage des élèves à savoir l’extérieur, les conditions de vie, l’environnement politique même du pays. Tout cela influence sur l’acquisition du savoir au point que le résultat, dans son fond n’est pas bon même si dans la forme quelques uns arrivent à sortir du lot.

Il est plus qu’urgent, ajoute-il, qu’on se sert les coudes que ce soit le gouvernement, les parents ou les élèves eux-mêmes épris d’une certaine volonté.

Que la conscience professionnelle soit rigoureusement le leitmotiv de tous les enseignants sans exception. Que nous pensions plus à l’avenir de nos enfants et que la main dans la main, nous puissions réellement donner la formation qu’il faut en vue de les emmener demain à avoir une place au soleil.

Actuellement, nous sommes en train de finaliser les travaux de fin d’année."

Monsieur Tanguy déplore que les parents, dans leur majorité, aient démissionnés dans le suivi du travail de leurs enfants. "Tenez-vous bien, insiste-il, sur une classe de soixante élèves dont j’ai la charge en Français au Lycée Mixte 1, il n’y a qu’un seul parent d‘élève qui est venu me rencontrer pour s’enquérir de l’évolution du travail de son enfant. J’ai en tout quatre classes. Et c'est le même constat.

Il faut que nous soyons sincères, le système lui-même avec les méthodes pédagogiques qui sont mis en place en l’occurrence l’APC, antérieurement la FPC ont une valeur, une positivité. Mais, nous pensons que, nous enseignants, de par notre regard, l’application de ces systèmes pédagogiques pose problème. Quand, par exemple, on supprime la dictée depuis l’école primaire, avec des dictées à trous qui n’emmènent plus l’enfant à s’efforcer à améliorer son vocabulaire, à connaitre véritablement les règles de grammaire, à structurer correctement son langage pour un perfectionnement conséquent. Cela pose un problème sérieux. Et quand on les a en sixième, il faut pratiquement tout reprendre à zéro pour que l’enfant aie un certain niveau en français. Quel est l’objectif ? Seules des personnes bien indiquées pourraient nous répondre.

Certains élèves sont surpris du résultat de leur travail ignorant qu'ils ont été régulièrement évalués. Beaucoup ne lisent pas. Pis, ils ne révisent pas leurs leçons. Comment peux-tu avoir un bon résultat si tu ne fais pas le minimum ? Et c'est le triste schéma de ces élèves au cœur de la formation.

Vous savez, poursuit-il, il faut que nos enfants, que dis-je, nos élèves prennent réellement conscience de ce qu'il s'agit véritablement de leur avenir. Nombreux sont ceux d'entre eux qui prennent tout pour de l'amusement au point où le sérieux commence à perdre de la valeur dans leur rendu. Tenez-vous bien, pour un élève qui a vraiment envie d'apprendre, il doit avoir le minimum qui est de s'intéresser à toutes les matières. Mais non, certains ont le malin plaisir d'être sélectif, c'est-à-dire, ils choisissent les disciplines qu'ils veulent faire. De ce fait, il trient les cours au point qu'il y a des matières pour lesquelles ils ne suivent pas les enseignements dispensés. Et la conséquence est fatale en fin d'évaluation, puisque c'est la somme de tout cela qui constitue la moyenne semestrielle du concerné.

Au vu de tout cela, je demande aux enfants de ne pas se limiter seulement à ce qui est fait en classe, qu'ils révisent leurs leçons. Quand un cours est fait, ils doivent faire des recherches à la maison à travers des documents qu’ils soient électroniques ou physiques (papiers). Aujourd’hui, avec les Android et autres, ils ont un éventail de plateformes de recherches pour enrichir leurs connaissances.

Je souhaite aussi que les élèves considèrent toutes les matières au même pied d’égalité car aucune matière n’est supérieure à une autre. Toutes se valent. Qu’ils aient plus de volonté parce qu’il s’agit de préparer leur avenir.

Quant aux parents, je leur demande de jeter un regard sur le travail de leurs enfants, de jeter un regard sur les sorties de leurs enfants. Certains élèves affirment aller à des cours de renforcement alors qu’ils n’y sont pas. Ils vont ailleurs pour d’autres occupations pas souvent très saines.

Pour le Français, j’invite les élèves à lire beaucoup, à s’exercer suffisamment car, en Côte d’Ivoire, tous les concours sont écrits et faits en français, pas dans une autre langue. C’est à travers le français qu’ils auront une meilleure structuration de discours, de textes et d’entretien."

Estimant que c’est bientôt les vacances, il invite les apprenants à ne pas laisser les réseaux sociaux prendre le pas sur leurs études. "La formation, dit-il, n’est pas limitée dans le temps."

 Bonne chance à ceux qui présentent un examen scolaire !

Nous y reviendrons

 Petanlan

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