Opération Barkhane: l'armée française est à bout de souffle?

Nutritionniste

L'opération Barkhane est une opération militaire menée au Sahel et au Sahara par l'Armée française, avec une aide secondaire d'armées alliées, qui vise à lutter contre les groupes armés salafistes djihadistes dans toute la région du Sahel. Lancée le 1er août 2014, elle remplace les opérations Serval et Épervier.Elle s'inscrit dans le cadre d'une stratégie des forces prépositionnées dans la région, en partenariat avec les États de la zone. Elle mobilise plusieurs milliers de soldats contre quelques centaines de salafistes djihadistes.

Un rapport sur Barkhane pointe les contraintes de l'opération

L’Assemblée Nationale a adopté ce matin le rapport de la mission d'information sur l’opération Barkhane (le premier en sept ans d'opérations ...), co-écrit par trois députées, Sereine Mauborgne et Françoise Dumas, avec Nathalie Serre.

Des aéronefs en nombre insuffisants 

Le rapport parlementaire ne fait pas le tour du sujet, notamment sur l’aspect tactique et opératif, mais relève néanmoins des points pas toujours suffisamment soulignés. C’est le cas notamment avec les difficultés rencontrés par les aéronefs, en nombre toujours insuffisants (il a fallu remobiliser en 2021 les Puma et Mirage 2000C), mais aussi sujets à des soucis de fonctionnement. Sans le nommer, le rapport évoque les difficultés que connaissent notamment les Tigre et Caïman.

La montée en puissance des drones

De fortes limites capacitaires pèsent aussi sur les moyens du renseignement (Gabriel, avions ISR et drones en nombre insuffisant) et sur les avions de transport tactique. Des trois avions de transport et d’assaut de 2018 il ne reste plus qu’un C-130J installé à Niamey et un Atlas à temps partiel. Un des deux tankers vient d’être remplacé par un Phénix, mais qui ne peut être utilisé depuis la base aérienne projetée de Niamey, du fait de son envergure. Le rapport confirme les informations déjà diffusées par Air&Cosmos dans la montée en puissance des drones (45 % des frappes) et l’importance de la task force Sabre, qui réalise une opération majeure par semaine en moyenne.

Les enjeux du partenariat militaire opérationnel

Le rapport indique les pertes infligées à l’EIGS (affilié à Daech) : 859 tués, 169 capturés, 34 véhicules et 859 motos détruites depuis janvier 2020. Mais pas de chiffres sur les pertes infligées au RVIM (affilié à Al-Qaeda). Le président de la commission de la défense du Sénat, Christian Cambon, avait, lui, évoqué le chiffre total de 1200 à 1500 terroristes neutralisés, lors d’une rencontre avec l’association des journalistes de défense (AJD). Les trois députées livrent également un aveu désormais bien connu : « Barkhane ne peut pas occuper le terrain dans la durée ». C’est un des enjeux du partenariat militaire opérationnel, déjà bien engagé au sol par Barkhane, plus tardif dans les airs, même si les formations de GATA, en charge du guidage de l’appui air-sol, se sont accélérées. Tout comme les surcoûts de Barkhane, désormais estimés à 880 M€ pour 2020, qui a connu un pic d’effectifs à 5250 (et non les 5100 toujours avancés par l’EMA).

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Nutritionniste operanews-external@opera.com