Sanctions contre le Mali: les recettes de Guillaume Soro pour aboutir à «un compromis dynamique»

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Après les sanctions de la CEDEAO et de l’UEMOA prises contre le Mali le 9 janvier dernier à Accra, les réactions se suivent et l’opportunité de ces sanctions est diversement interprétée. Réagissant à son tour, l’ex Premier ministre ivoirien, Guillaume Soro, depuis son lieu d’exil, a tenu à faire connaitre son opinion. C’est en sa qualité d’« ancien premier ministre, ancien président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire mais aussi pour avoir pris part à plusieurs sommets de la CEDEAO et de l’UEMOA d’une part en tant que partie prenante d’un conflit de 2002 à 2007 et d’autre part en tant que décideur, Représentant de l’ancien Président Laurent Gbagbo de 2007 à 2010 » qu’il lance « un appel à l’apaisement ». Pour Guillaume Soro, les sanctions contre la junte militaire et par ricochet contre le peuple malien lui paraissent « extrêmement sévères voire disproportionnées ». De plus, il fait le constat qu’avec « une célérité inhabituelle » les sanctions contre la junte malienne ont failli être l’objet « d’une résolution onusienne pour en accentuer le caractère particulièrement coercitif».

L’ex PAN a rappelé également aux Chefs d’Etat de la CEDEAO que « priver un Etat sans littoral de son droit d’accès à la mer constitue une violation de plusieurs instruments multilatéraux importants tels que la convention et le statut de Barcelone ainsi que l’accord d’Almaty entre autres qui reconnaissent aux pays enclavés le droit d’utiliser les océans dans les mêmes conditions que les Etats riverains, et ce compris le droit de traverser le territoire d’un ou de plusieurs pays en vue d’atteindre la mer».

Aussi, l’ex Premier ministre de Laurent Gbagbo, en appelle « aux Chefs d’Etat de la CEDEAO afin qu’ils reconsidèrent leur posture et donnent une chance au dialogue et à la concertation, loin de la surenchère ». Par la même occasion, il conseille aux autorités de la junte « de ne point céder à la tentation de la rupture du dialogue et à adopter une position conciliante en dépit des tensions et autres pressions de tous ordres pour aboutir à un compromis dynamique ».

L’ex chef rebelle, fort de son expérience des sommets sous régionaux auxquels il a participé auprès des Chefs d’Etats comme « Mathieu Kérékou, Olesegun Obasanjo, John Kufuor, Ahmadou Toumani Touré, Blaise Compaoré, Mamadou Tandja, Gnassingbé Eyadema, Abdoulaye Wade… » rappelle que « le leitmotiv a toujours été de privilégier le dialogue, toujours le dialogue et la paix entre africains pour trouver des solutions africaines à tous les contentieux y compris les plus complexes ».

C’est donc au nom de ce principe qu’il « intercède humblement » auprès de son « ainé le Président Macky Sall du Sénégal et du doyen le Président Muhammadu Buhari du Nigeria afin qu’ils usent de leur leadership pour renouer le fil du dialogue entre la CEDEAO et la République sœur du Mali ». Le natif de Kofiplé est persuadé qu’en dépit de la tension actuelle observable dans cette crise, il est encore possible de trouver « une solution sous régionale pacifique, mesurée, qui préserve à la fois la dignité du peuple malien et l’image de la CEDEAO ».

De son expérience acquise dans le cadre du règlement de la crise ivoirienne et de l’organisation des élections de 2010, ils invitent les principaux acteurs de cette crise à sortir « du fétichisme des dates », et à éviter « le recours précipité et intempestif aux résolutions des Nations Unies » toute chose qui peut s’avérer bien souvent « inopportun voire contre-productif ». Pour conclure, Guillaume Soro dit croire fermement en « notre capacité à puiser dans les valeurs ancestrales de nos coutumes, les ressorts nécessaires pour bâtir la paix et la fraternité entre nos peuples ».

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