Face à l'échec de la réconciliation, le RHDP nie l'évidence, 10 ans après

HenocleVeinard

Pour la première fois depuis 2011, la Côte d'Ivoire a la chance d'avoir ses trois leaders charismatiques réunis. Il s'agit de Konan Bédié, Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo. Le dernier cité était vivement attendu pour le démarrage effectif du processus de réconciliation nationale. Un mois plus tard, le processus de réconciliation nationale est au point mort. Le parti au pouvoir et l'opposition ne sont pas d'accord sur la façon dont le processus de réconciliation nationale doit démarrer. L'opposition réclame l'ouverture d'un dialogue national inclusif, tandis que le pouvoir attend la repentance des principaux protagonistes.

Au sortie de la crise post-électorale de 2011, le président Ouattara a mis en place la commission dialogue, vérité et réconciliation, dirigée par l'ancien premier ministre, Konan Banny. La structure a mis fin à ses activités, sans donner les conclusions de ses actions. Un premier échec retentissant pour le pouvoir d'Abidjan.

La justice ivoirienne a longtemps condamné les crimes dans le camp des adversaires, cela lui a valu le surnom de "justice des vainqueurs". Auparavant le gouvernement a rejeté la nécessité de la création d'un ministère de la réconciliation nationale, après l'échec de celui sous l'ère Gbagbo. Pourtant c'est bien le dialogue, entre Konan Bédié et Alassane Ouattara, qui a permis de mettre fin à la désobéissance civile, par conséquent à la crise post-électorale de 2020. Par la suite, le ministère de la réconciliation nationale a vu le jour. En outre, c'est le dialogue entre le gouvernement et l'opposition qui a permis la tenue d'élection législative inclusive.

Le dialogue a toujours permis la résolution et la prévention de conflit. Le dialogue national prôné par Konan Bédié ne se limite pas à une rencontre entre les trois "grands". Mais c'est plutôt un dialogue qui concernera l'ensemble des ivoiriens. Le dialogue a toujours été utilisé en Afrique. L'une des rares fois où le dialogue a été absent en Côte d'Ivoire, c'est en 2010, après les élections présidentielles. Chaque camp est resté sur sa position sans vouloir faire de concession. La suite a été dramatique.

L'histoire nous a enseigné qu'il ne faut pas attendre la période des élections avant d'initier le dialogue. La Côte d'Ivoire a besoin de dialoguer. Comment et dans quel cadre ce dialogue doit avoir lieu ? Les Ivoiriens ont besoin de se parler car la fracture sociale est évidente.

H.L.V

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